SOMMAIRE

ÉDITO

 

ACTUALITÉS

Un Harry Potter en braille signé par J. K. Rowling

Accessibilité Microsoft 2017 : le braille bientôt supporté dans Windows 10

Des mini-chevaux guides d’aveugle formés dans les Yvelines

“Be my Eyes” l’appli collaborative pour aider les aveugles

À Lyon, une expérience pour l’éveil des très jeunes enfants aveugles

Football : Le commentaire audio descriptif accessible au stade Pierre Mauroy (Lille)

HiMirror, le premier miroir connecté au service de la beauté des femmes

PCH : mise en place du tiers payant lors de l’achat d’aides

 

DOSSIER : Des agriculteurs déficients visuels ?

Au domaine de La Villeneuve Ste Odile à Plenée Jugon, on forme des jeunes DV aux métiers de la terre

Afrique : Changer les attitudes à l’égard des handicapés dans le secteur agricole

Inclusion et survie dans les jardins du Niger

 

LA VIE DU GIAA

Connaissens enseigne les gestes de premiers secours aux déficients visuels

Blaise Pascal, le cœur et la raison, Visite de l’exposition à la BNF le 18 novembre

Un nouveau cru à Bordeaux - Le sceptre d’Ottokar, nouvelle BD audio-décrite

Participation du GIAA Aquitaine au 38e congrès national de la FISAF

L’automne 2016 du GIAA fut très musical

 

CULTURE ET LOISIRS

Colloque Jacques Lusseyran entre lumière et cécité. Regards croisés.

Spectacles en audio-description

 

LECTURE

LE LIVRE DU MOMENT

ÉDITIONS GROS CARACTÈRES

 

QSLD - QUEL SONNET L’ON DÉPOSE

 

NOS DELEGATIONS

Services du GIAA

Sections du GIAA

OURS

 

ÉDITO

Terre, à la fois notre mère nourricière selon certaines cultures amérindiennes, africaines et aborigènes ; Terre qui héberge aussi la vie de tant et tant de millions d’êtres vivants, du règne animal et végétal, sur ta minérale et aqueuse surface ; Terre à qui l’homme ne cesse de demander, par la déforestation, le pillage des ressources de plus en plus profondément...

 

Combien d’entre nous, êtres humains si gourmands, trop souvent insatiables et avides de profit, combien sommes-nous à penser à la regarder avec respect et reconnaissance, à admirer sa beauté et ses bienfaits ? Combien d’entre nous songent à tout ce qu’elle a donné pour notre survie, depuis la nuit des temps ?

 

Non seulement, il nous faut songer à l’avenir de notre Terre, celle que nous laisserons aux futures générations, mais également éprouver de la reconnaissance et parfois de l’admiration pour ceux qui ont su défricher la terre pour la subsistance d’autrui, comprendre et élever des animaux, fabriquer de nouveaux aliments et de nouvelles boissons.

 

Beaucoup de nos contemporains ont perdu le contact avec elle, dont nous ne sommes pourtant que des éléments arrogants. Quel attristant constat !

 

Cependant, depuis des millénaires, la planète est en mouvement et la vie aussi, chaque être vivant appartenant au même cycle, avec proies et prédateurs.

 

Marie-Renée Hector, présidente du GIAA

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ACTUALITÉS

Un Harry Potter en braille signé par J. K. Rowling

J. K. Rowling a signé une édition spéciale en braille de son livre Harry Potter and the Philosopher’s Stone. L’argent qui sera récolté lors de la vente du livre reviendra directement à Royal Blind, organisme britannique pour personnes aveugles ou malvoyantes.

 

J.K. Rowling n’a jamais caché son dévouement pour les grandes causes et fait régulièrement part de ses convictions à ses fans. Dernièrement, elle a signé un exemplaire unique en braille de son tout premier roman sur les aventures du sorcier à lunettes, Harry Potter and the Philosopher’s Stone (Harry Potter à l’école des sorciers).

 

 

Ce livre unique est en vente pour 3.500 £ chez Blackwell, un vendeur de livres rares. Les fonds récoltés reviendront directement à l’œuvre de bienfaisance Royal Blind, pour les non-voyants. L’organisme se situe à Édimbourg, un lieu particulier pour J. K. Rowling puisque c’est là-bas qu’elle a écrit Harry Potter.

 

S’engager pour Royal Blind, plus grand organisme de déficience visuelle en Écosse, semblait donc être une évidence pour l’auteur. Ce n’est pas la première fois qu’elle s’implique avec eux. En 1997 déjà, elle avait visité la Scottish Braille Press, gérée par Royal Blind tandis qu’en 2000, elle inaugurait la nouvelle bibliothèque de la Royal Blind School.

 

Royal Blind ne cache pas sa reconnaissance pour les actions de l’écrivain et assure, par le biais de Davina Shiell qui s’occupe du marketing et de la levée de fonds, qu’« il s’agit d’un élément de collection fantastique qui est vraiment unique en son genre et tout l’argent recueilli contribuera au travail de Royal Blind en soutenant les enfants et adultes malvoyants à travers l’Écosse et le reste du Royaume-Uni. »

Chez Blackwell aussi l’enthousiasme est présent où l’on affirme que « nous ne sommes pas au courant d’autres éditions en braille signées de livres d’Harry Potter ayant été sur le marché au Royaume-Uni avant, cela représente une occasion unique pour les collectionneurs de la série ».

(Source : actualitte.com)

 

Accessibilité Microsoft 2017 : le braille bientôt supporté dans Windows 10

Microsoft détaille les mesures prises en faveur de l’accessibilité qui seront intégrées à la prochaine mise à jour majeure de Windows 10 en 2017.

 

La prochaine mise à jour majeure Creators Update a déjà délivré une partie de ses secrets pour ce qui est des nouveautés les plus mises en avant. Microsoft se préoccupe aussi de l’accessibilité dans ses logiciels. Windows 10 et Office vont également évoluer sur ce point-là.

 

Dans un article écrit à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées le 3 décembre dernier, l’éditeur décrit ainsi les mesures qui seront mises en place l’année prochaine. Dans Windows 10, cela passe par le narrateur qui décrit à l’utilisateur ce qu’il se présente à l’écran en cas de déficience visuelle. On trouve notamment l’ajout du support du langage braille en version bêta grâce à un partenariat avec 35 fabricants d’appareils braille.

 

Les utilisateurs pourront également être guidés lors du processus d’installation de Windows 10 et découvrir de nouveaux raccourcis pour lancer le narrateur. Des voix supplémentaires seront mises à disposition avec la possibilité de passer d’une voix à l’autre en cours de lecture lorsque le langage affiché le nécessite. Office 365 est lui aussi cité dans l’article et proposera des améliorations pour faciliter son utilisation.

 

Microsoft conclut en incitant les utilisateurs à faire des recommandations et à partager leur retour d’expérience pour l’aider à concevoir ses logiciels et son système. Les plus concernés sont les utilisateurs du programme Insider qui découvrent ces améliorations dans les versions Preview de Windows 10. Elles seront ensuite intégrées lors de l’arrivée de la prochaine mise à jour majeure au printemps.

(Source : CNET.com)

 

Des mini-chevaux guides d’aveugle formés dans les Yvelines

Une expérience sans précédent en France est actuellement menée au domaine de la Geneste à Châteaufort-en-Yvelines : éduquer des mini-chevaux pour qu’ils deviennent guides d’aveugle.

 

Tout est parti d’une idée de Jean Bouissou, sourd et aveugle : « cette pratique existe depuis longtemps aux États-Unis où un millier de chevaux accompagnent déjà des non-voyants. Je me suis dit que l’on pouvait la tester ici en France. »

Au nom de son association Quintette, il a donc acheté deux petits équidés qu’il a installés au printemps dernier dans le domaine géré par Isabelle Pasik, très concernée par ces problèmes puisqu’elle a déjà disposé des panneaux en braille dans tout le parc pour ses visiteurs non-voyants. Depuis 6 mois, Jean se rend plusieurs fois par mois à Rochefort pour former ces mini-chevaux et les habituer à sa présence.

 

 

« Le travail s’effectue grâce à plusieurs exercices : marcher côte à côte, répondre aux ordres (stop, marche…), apprendre à éviter les obstacles et protéger son maître en cas de danger. »

 

Finalement le même apprentissage et la même utilité que pour un chien guide d’aveugle. « Pas tout à fait, tempère Jean. Le mini-cheval est pour l’instant un complément à l’aide apportée par les chiens. Il n’a pas vocation à vivre au quotidien avec les aveugles même si nous avons fait une demande auprès de la Mairie de Paris pour obtenir des autorisations de circulation sur les trottoirs mais le cheval a d’autres atouts : il répond aux signes tactiles et surtout il a une durée de vie beaucoup plus longue, ce qui permet d’affiner la complicité et les réflexes. »

La formation ne fait que commencer et devra durer au moins deux ans pour être parfaitement efficace. Mais elle se passe déjà « dans les meilleures conditions » et pourrait même être utile à d’autres malades. « Je fais le pari que ce travail avec les mini-chevaux va accélérer le processus de communication et d’intégration de beaucoup de personnes comme les handicapés mentaux, les autistes ou les personnes atteintes d’Alzheimer. »

Un challenge qui n’effraie absolument pas Jean qui y trouve plutôt une source de motivation supplémentaire : « le jour où l’on pourra offrir un mini-cheval à une personne, on aura gagné ! »

 (Texte et photo : Véronique de La Maisonneuve - L’Écho Républicain)

 

“Be my Eyes” l’appli collaborative pour aider les aveugles

Atteinte de rétinite pigmentaire, Anne Hansen a complètement perdu la vue il y a une dizaine d’années. Refusant de baisser les bras, elle cherche à mener une vie normale et elle poursuit son travail de psychothérapeute à Copenhague. Elle utilise désormais Be My Eyes, une application qui existe depuis deux ans.

Anne Hansen : “Cela donne l’opportunité d‘être plus indépendante. Quand je cuisine par exemple. Si j’ai invité des amis, je veux que tout soit parfait. J’appelle donc quelqu’un pour demander “est-ce que ça va comme ça, est-ce que c’est cuit ? Faut-il encore du temps ?”

Le fonctionnement est simple : d’un côté de l’appli se trouvent donc des personnes aveugles ou malvoyantes et de l’autres des personnes valides. Grâce à de l’audio et de la vidéo, tout comme un Skype ou autre Facetime, les personnes peuvent communiquer.

“Be my eyes” a été imaginé par Hans Jørgen Wiberg. “Nous espérons pouvoir donner à beaucoup de personnes aveugles une aide de premier plan, en comblant ainsi un fossé. Cela devrait rendre les choses plus faciles pour les gens. Ainsi, si vous croisez une personne aveugle dans la rue, alors vous pouvez vous approcher et lui dire : “avez-vous besoin d’aide ou quelque chose comme ça ?”

Quelque 400.000 personnes se sont déclarées pour vouloir ainsi prêter leur vue avec cette application que l’on peut charger gratuitement et qui n’est pour l’instant disponible que pour iphone. Mais la version Android devrait bientôt arriver.

(Source : Euronews)

 

À Lyon, une expérience pour l’éveil des très jeunes enfants aveugles

Abigaëlle est aveugle de naissance. Elle participe avec 3 autres jeunes enfants en France à un projet de recherche visant à évaluer l’apport d’un chien d’éveil dans les plus jeunes années d’enfants aveugles. Une expérience réalisée par l’université de Lyon 2.

 

Elles commencent toutes les deux à s’apprivoiser. Abigaëlle, 17 mois, est née aveugle, son développement psychomoteur est légèrement ralenti. Jolly, un labrador, est un chien d’éveil éduqué pour partager la vie d’un enfant souffrant d’handicap visuel. Voilà déjà un mois que ce labrador a été adopté par toute cette famille de Croix. “Le premier réflexe qu’elle a eue quand elle a eu son chien, c’est de faire le calme. Ça l’a apaisée. C’est vraiment un très beau moment”, explique Stéphane Médoux, le père d’Abigaëlle.

 

Étudier l’apport de la présence d’un chien d’éveil auprès de très jeunes enfants aveugles, c’est l’expérience à laquelle participe Abigaëlle. Une première. En France, les chiens guides sont habituellement confiés à des adultes. 5 fois par mois, les parents filment des petites séquences de vie de leur fille pour évaluer ses progrès. Des scènes de la vie quotidienne, repas, jeux, repos... ”C’est un âge où le développement de l’enfant est très important, pour un enfant aveugle en particulier, affirme Anna Rita Galiano, maître de conférences en psychologie du handicap et responsable du projet. Il faut qu’on puisse y intervenir. Le chien est une sorte de médiateur social qui peut aider l’enfant à plusieurs niveaux : psychomoteur, langagier...”

 

 

Et en quelques semaines des progrès ont déjà été enregistrés. “On a constaté qu’Abigaëlle était plus affectueuse, note Dorothée Caratini, la maman d’Abigaëlle. Elle recherche le chien. Elle a quelqu’un dans sa vie. Avant, elle était fille unique. Maintenant, elle a une sœur avec des poils !”

 

« Pour ce programme, les chiens ont été sélectionnés et entraînés pour s’adapter aux très jeunes enfants et ne pas avoir peur du bruit. Seuls les meilleurs ont été choisis pour l’étude, et on constate déjà qu’ils comprennent très bien leur mission et leur rôle auprès des enfants », explique dans Le Parisien Chantal Roubaud, directrice régionale de la Fondation Frédéric-Gaillanne-Mira Europe.

 

L’expérience doit s’étendre jusqu’en 2020. Jolly continuera ensuite à vivre avec Abigaëlle et sa famille.

(Source : France Info)

 

Football : Le commentaire audio descriptif accessible au stade Pierre Mauroy (Lille)

Le LOSC a lancé un service “Commentaire Audio Descriptif” (CAD) pour les rencontres du club au Stade Pierre-Mauroy, destiné au public non-voyant et malvoyant.

 

Parce que le stade est pour tous, le LOSC (club de football professionnel de Lille, ndlr) annonce le lancement du service “Commentaire Audio Descriptif” (CAD) pour les rencontres du club au Stade Pierre Mauroy.

Ce service proposé aux supporters malvoyants et non-voyants fut expérimenté en France durant l’UEFA Euro 2016 et le LOSC a naturellement souhaité prolonger l’expérience en Ligue 1. Ainsi, à l’occasion de chaque match à domicile des Dogues, cet outil permettra aux personnes déficientes visuelles de vivre l’événement dans les meilleures conditions.

 

 

Alors que le plus souvent les publics non-voyants et malvoyants peinent à bénéficier d’un accueil adapté pour assister en live aux événements culturels ou sportifs, le LOSC a souhaité leur offrir la meilleure expérience et le meilleur service, adaptés à leur handicap, et ainsi de profiter pleinement des matchs et de leurs émotions aux côtés des autres supporters, en déployant le CAD au Stade Pierre Mauroy.

 

Concrètement, et comme l’explique le Centre pour l’Accès au Football en Europe – avec la collaboration duquel ce service a été mis en place – sur son site internet www.cafefootball.eu, “un commentateur spécialement formé fournit une narration supplémentaire qui décrit les informations visuelles importantes telles que l’expression corporelle, l’expression faciale, le paysage, l’action, l’habillement, les couleurs et tout autre détail important dans la transmission de l’image, le lieu, le match, l’événement ou l’ambiance environnante. Durant le match, le commentateur devra décrire l’action sur la pelouse plutôt qu’évoquer les statistiques et les tactiques ou s’attarder sur de longs résumés des actions précédentes.”

 

Déployé dans le cadre du projet “Respect de l’accès pour tous”, le CAD permettra désormais à chaque personne désirant en bénéficier de se connecter à une fréquence dédiée (fréquence FM 107.1 - diffusion intra-muros) par le biais de son smartphone et d’une application radio FM (Android, Apple) ou d’un poste radio.

 

Après avoir obtenu une autorisation d’émettre de la part du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), le LOSC est donc très heureux de mettre en place ce système pour ses matchs de championnat à domicile.

 

Après plusieurs tests concluants, le coup d’envoi de cette initiative a été donné sur le match LOSC- SM Caen, le mardi 29 novembre.

(Source : Communiqué du LOSC)

 

HiMirror, le premier miroir connecté au service de la beauté des femmes

Les miroirs connectés commencent à arriver sur le marché. Peu nombreux à l’heure actuelle, ces nouveaux produits vont faire le bonheur de ceux et celles qui aiment passer du temps dans leur salle de bain. Le HiMirror, lui, s’adresse aux femmes. Il saura analyser leur peau et leur prodiguer des conseils de beauté.

Les miroirs connectés que l’on trouve sur le marché proposent des fonctionnalités multimédias en diffusant les actualités en temps réel, de la musique ou une vidéo YouTube, par exemple, comme le miroir intelligent EKKO de Miliboo. Sont-ils intelligents pour autant ? Pas vraiment, ils se contentent d’afficher les informations qu’on leur demande et permettent de nous divertir ou nous informer pendant que l’on se brosse les dents.

 

Le miroir connecté HiMirror va plus loin en aidant les femmes à détecter et corriger les éventuelles imperfections présentes sur leur peau. Avec son application dédiée, HiMiror va devenir un vrai assistant de beauté personnel.

HiMirror n’est certainement pas un miroir connecté comme les autres. Équipé d’une caméra, il va pouvoir analyser le visage de la personne qui se trouve devant lui. Le miroir va alors être capable de reconnaitre les petites imperfections de la peau, bien souvent liées à l’âge, comme les taches brunes, les poches sous les yeux, les rides et autres. En connaissant avec précision l’emplacement de ces zones sur leur visage, les femmes vont pouvoir utiliser le maquillage et les soins adéquats pour atténuer ces différentes marques. Un pas de plus vers la beauté connectée.

 

Une fois l’analyse du visage effectuée, HiMirror va fournir tout un tas d’informations sur la peau du visage de son utilisatrice. Fermeté, teint, texture, luminosité, etc., sous la forme d’un graphique aisé à comprendre. Des conseils seront alors prodigués par le miroir pour gommer ces imperfections. Il ira en outre piocher dans sa base de données pour recommander tel ou tel produit.

 

HiMirror vient accompagné d’une application, compatible avec les dispositifs Android et iOS. Ainsi, le système permettra d’effectuer le suivi au jour le jour de l’évolution du visage de l’utilisatrice du miroir connecté. Il sera alors possible de juger de l’efficacité d’un produit sur la durée. Pour ajouter un nouveau produit de beauté il suffira de scanner son code-barres. Toutes les données collectées par le miroir sont sécurisées et stockées dans le Cloud. Une connexion à Internet est donc requise. Côté sécurité, il est possible d’apposer un petit cache sur la caméra pour celles qui craignent un piratage de celle-ci et l’accès au miroir peut être protégé par reconnaissance vocale ou faciale.

 

Le miroir peut prendre en charge jusqu’à 6 profils. Pour le contrôler, il est équipé d’un capteur de mouvements et aussi d’un système de reconnaissance vocale. HiMirror propose également quelques fonctionnalités multimédias. Il renseignera ainsi sur la météo et l’indice UV.

Par ailleurs, il pourra diffuser de la musique depuis la plateforme de streaming Spotify.

HiMirror est disponible sur le site du fabricant. Il est vendu au prix de 189 dollars.

(Source : www.objetconnecte.net)

 

PCH : mise en place du tiers payant lors de l’achat d’aides

Les personnes handicapées peuvent désormais bénéficier du tiers payant lors de l’achat d’aides techniques ou d’autres aides financées par la prestation de compensation du handicap (PCH). Tel est l’objet d’un décret publié au Journal officiel du 17 novembre 2016.

 

Le tiers payant s’applique pour l’achat d’aides techniques, les dépenses liées à l’aménagement du logement et du véhicule et les dépenses spécifiques ou exceptionnelles comme celles relatives à l’acquisition ou l’entretien de produits liés au handicap.

En accord avec le bénéficiaire, la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) précise dans sa décision d’attribution de la prestation, l’identité du ou des fournisseurs ayant conventionné avec le conseil départemental et auxquels les éléments de la PCH seront versés directement.

 

La CDAPH peut prendre une décision d’attribution de la prestation pour les aides techniques, postérieurement à leur acquisition par le bénéficiaire, sur la base de la facture correspondante. Cette mesure vise à faciliter l’accès des personnes handicapées aux aides techniques et à simplifier les modalités d’instruction et de versement de la PCH.

Ce décret intervient en application de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé.

 

Texte de référence

Décret du 15 novembre 2016 relatif aux modalités d’attribution et de versement des éléments de la prestation de compensation.

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(Source : www.service-public.fr)

 

DOSSIER : Des agriculteurs déficients visuels ?

Inès Duhesme

 

Est-ce bien raisonnable de vouloir devenir agriculteur, qui plus est déficient visuel, à une époque où l’agriculture française est en difficulté ? Celle-ci, avec 29 millions d’hectares de terres cultivables, est la première puissance agricole d’Europe. Mais la part de l’agriculture dans le produit intérieur brut français diminue drastiquement : 1,7%, autant dire rien. La surface du pays consacrée à cette activité diminue aussi. Un reportage récent montrait de riches terres agricoles convoitées par des géants du commerce et bradées par les collectivités locales (« Et pour quelques hectares de plus » de Nicolas Vescovacci, France 5, mardi 6 décembre 2016). De nombreuses exploitations disparaissent : de deux millions en 1960, elles sont passées à 400.000 aujourd’hui. Celles de petite taille sont appelées à disparaitre à une époque où la masse salariale en France est devenue trop forte par rapport à celle d’agricultures d’autres pays (Allemagne, Pays-Bas). À l’inverse, une trentaine de fermes-usines voient le jour. La production de céréales a baissé cette année d’environ 24% en raison des conditions climatiques, la plus faible depuis 2003. L’État ne peut pas grand’ chose pour l’aider, car la Politique Agricole Commune est du ressort exclusif de l’Union Européenne, et les aides de l’Union ne sont plus liées à la quantité produite.

 

 

Même si on a vu des agriculteurs très touchés par la crise, croulant sous les dettes, au point même d’attenter à leur vie, beaucoup d’entre eux, ont la foi chevillée au corps, prêts à de gros efforts pour maintenir leurs exploitations ou en créer. Parmi les nouveaux agriculteurs, on voit des jeunes reprendre des exploitations en déshérence grâce à “Terre de lien” ou au réseau ADEAR (ADEAR : Association pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural). Mieux formés peut-être que leurs aînés en techniques agricoles et sciences de l’environnement dans les lycées spécialisés, CFA et universités, souvent soucieux d’écologie, ils s’essaient à de nouveaux modèles de cultures, « raisonnées », moins soumises aux pesticides, malgré l’ombre menaçante de Monsanto-Bayer : permaculture, maraîchage de proximité (« Demain », film de Mélanie Laurent, Cyril Dion), redynamisation de races en extinction, vin bio, biodynamiques, naturels. Ils ajoutent souvent à leur exploitation une activité de tourisme vert grâce aux subventions de la PAC (Distribuées par France Agrimer, qui sert aussi à aider à la restructuration des paysages). Ils essaient souvent de mutualiser leurs moyens, de s’entraider, de se regrouper en associations, de réfléchir au sens de leur travail. Car façonner les paysages, travailler la terre, participer à la biodiversité, assurer la nourriture, l’habillage de leurs concitoyens, ce n’est pas rien !

 

On comprend que des déficients visuels s’engagent malgré tout dans cette voie d’un travail qui a du sens !

 

Merci à Guillaume Duhesme de son aide, à Télérama, au Monde.

 

Au domaine de La Villeneuve Ste Odile à Plenée Jugon, on forme des jeunes DV aux métiers de la terre

Florence Colzy et Bertrand Bontoux

 

Un manoir datant du 18e siècle. Des murs de granit et de moellons aux reliefs marqués et irréguliers de formes et de tailles variés surmontés de l’élégante et traditionnelle toiture d’ardoises bleues. Une allée bordée de brassées de fleurs, des gauras, tels de petits papillons délicats aux teintes fuchsia.

En cette journée d’automne, le soleil nous égaye de ses rayons. Nous allons découvrir le domaine de La Villeneuve Ste Odile à Plénée-Jugon, en Côtes-d’Armor. Éric Darricau, éducateur technique spécialisé, nous y accueille. Son enthousiasme est communicatif...

 

C’est en 1956 que le domaine fut cédé à l’institution la Croisade des Aveugles (devenue, en 2003, Voir Ensemble). Il y fut alors adjoint le nom de Sainte Odile, patronne des non-voyants. Le projet était d’apprendre aux personnes aveugles et déficientes visuelles un métier lié à l’agriculture.

L’association Voir Ensemble a pour vocation d’accompagner, d’aider et de servir des personnes déficientes visuelles dans tous les domaines de leur vie. La Villeneuve Ste Odile, un de leurs établissements, s’adresse aussi bien aux jeunes qu’aux adultes.

Enseignement et éducation spécialisée – Les jeunes

Le Centre d’Éducation et de Réadaptation pour Aveugles et Déficients Visuels accueille chaque année une trentaine d’élèves, garçons et filles, en hébergement de semaine. Agés de 12 à 20 ans, ils viennent en majorité du Grand Ouest de la France. Ils logent dans un bâtiment entièrement rénové et fonctionnel dont les couleurs des murs, des portes et des poignées sont vives et contrastées. Tout autour, se trouvent des champs, des serres regorgeant de fruits et de fleurs, renouvelés au rythme des saisons, des animaux, une exploitation laitière et avicole.

 

 

Une équipe pluridisciplinaire est à leur service : éducateurs, professeurs, médecin, psychologue, rééducatrice, instructrice en locomotion, orthoptiste, etc. Il s’agit pour ces jeunes de prendre confiance en leurs capacités, d’apprendre à effectuer les tâches du quotidien, d’acquérir des techniques pour se déplacer en sécurité, de définir un projet professionnel, un projet de vie, l’objectif étant de développer, autant que possible, leur autonomie et de faciliter leur inclusion aussi bien sociale, scolaire que professionnelle. Afin de les aider à valider leur projet, ils sont mis en situation de travail réelle, en effectuant deux ou trois stages en entreprise.

Au niveau scolaire, 4 par classe en moyenne, les élèves reçoivent des cours adaptés à leur handicap. Le numérique fait partie intégrante des outils mis à leur disposition. Quant aux ateliers pratiques dispensés, prétextes à développer un savoir-être et un savoir-faire professionnel, ils sont nombreux et variés : cuisine, arts plastiques, menuiserie, poterie, agriculture, horticulture, etc. Le rapport à la nature et à l’animal y tient une place privilégiée. Se baigner dans le lac, s’occuper des animaux, traire les vaches. Habituées aux jeunes, les génisses, toutes de tendresse, nous ont réclamé des caresses.

Formation professionnelle – Les adultes

Le centre propose une préformation professionnelle pour préparer l’accès aux classes de CAP dans les domaines de l’horticulture (pépinière, fruitière, légumière, florale) et de l’agriculture.

 

 

La Villeneuve Sainte Odile abrite en son sein une entreprise adaptée : la « Ferme de la Villeneuve », dont notre guide, Éric Darricau, est le responsable.

 

Créée fin 2013, la « Ferme de la Villeneuve » est une exploitation maraîchère et avicole en agriculture biologique dont l’objectif est de permettre à des personnes en situation de handicap (principalement sensoriel) et éloignées du marché du travail d’accéder à un emploi stable. Outil de cohésion sociale, l’entreprise adaptée s’inscrit dans l’économie solidaire et l’entreprenariat social par ses réalisations et pratiques innovantes.

 

Elle emploie 9 salariés, dont 6 déficients visuels, pour certains, d’anciens élèves. Elle se compose de 1.600 m² de serres en verre, de 900 m² de tunnels maraichers, de 3 hectares de plein champ, de 2.000 poules pondeuses et d’un bâtiment pour le conditionnement des légumes et la préparation des commandes.

Les compétences de chacun sont mises à profit. Ceux qui voient les couleurs, signe de maturité, récoltent les tomates et les poivrons ; les autres se repèrent à la taille et au poids des légumes. Le poulailler est géré, en toute autonomie, par 2 déficients visuels : l’un en charge du suivi de l’élevage, l’autre du centre de conditionnement et de gestion des commandes.

Débrouillardise, complémentarité et entraide entre salariés se mettent en place tout naturellement. Le handicap n’est pas un tabou ; les difficultés rencontrées sont repérées, discutées et levées ensemble.

 

L’équipe a fait le choix de favoriser la commercialisation en circuits courts (supermarchés de proximité, restauration collective, vente à la ferme...) pour s’insérer dans le tissu économique local, source de reconnaissance et de valorisation du travail réalisé. La qualité est un préalable, le handicap une plus-value.

 

Émerveillés par l’abondance et la beauté des légumes, nous nous sommes attardés, avons picoré quelques tomates cerise et fait nos courses - un chatoiement de saveurs que nous avons ramenées à Paris.

Service d’aide

La Villeneuve Sainte Odile dispose d’un service d’aide à l’acquisition de l’autonomie et à l’intégration scolaire qui accompagne les jeunes déficients visuels scolarisés en milieu ordinaire et leur famille.

En ce qui concerne les adultes, il existe deux dispositifs : un Service d’Accompagnement à la Vie Sociale dont la mission est de favoriser le maintien à domicile, et un Service Interrégional d’Appui aux Adultes Déficients Visuels dont la mission est de favoriser l’accès ou le maintien à l’emploi.

Ateliers de sensibilisation, conférences, bilans et conseils sont également proposés via un centre de formation.

 

 

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter leur site internet :

http://www.voirensemble.asso.fr/default.asp?titre=la-villeneuve-ceradv-saaais&mode=liste-etablissements&id=482

 

Afrique : Changer les attitudes à l’égard des handicapés dans le secteur agricole

Voici un article paru sur le site scidev.net qui fait le point sur l’appréhension du handicap et notamment de la déficience visuelle dans le domaine agricole sur le continent africain.

Vous y lirez qu’on le prend de mieux en mieux en compte, même si l’on part de très loin. Il est des régions du continent où l’on croit encore dur comme fer que le handicap est contagieux...

 

 

L’agriculture est un secteur capital pour de nombreuses populations pauvres dans le monde en développement.

C’est aussi un domaine où les personnes handicapées souffrent des préjugés les plus graves et de l’exclusion.

Les personnes valides peuvent penser que les activités agricoles sont hors de portée des personnes handicapées. En effet, celles-ci sont souvent considérées comme inaptes physiquement et mentalement à mener des tâches agricoles.

Les personnes souffrant d’un handicap physique ou visuel sont considérées comme incapables d’apprendre des techniques agricoles, à cause des difficultés de communication.

Et des croyances erronées sur le caractère contagieux du handicap - qui attirerait, par ailleurs, des malédictions - amènent certaines personnes à refuser d’être associés aux personnes handicapées.

Tout ceci interdit aux personnes handicapées de rejoindre la communauté des membres autonomes et productifs de la société.

 

Et pourtant, l’aptitude de ces personnes est incontestable.

Récemment, la revue en ligne New Agriculturalist a publié une édition spéciale sur le handicap et l’agriculture, mettant l’accent sur des exemples répertoriés en Afrique et en Asie de réussite de prise en compte du handicap dans les activités agricoles.

 

Les exemples recensés sont, entre autres, la participation de femmes souffrant d’un déficit de l’audition dans la culture de potagers réalisée par les associations féminines au Bangladesh et la gestion de petites exploitations de subsistance par des femmes souffrant de déficience visuelle près de leur domicile au Niger.

 

Les activités d’inclusion les plus importantes dans plusieurs des exemples répertoriés consistaient à introduire des mécanismes d’adaptation à faible technicité permettant aux personnes souffrant de handicaps divers de gérer de petites exploitations.

Par exemple, au Niger, l’organisation caritative CBM International a conçu un seau modifié pour les besoins d’une participante aveugle.

Cette femme a ainsi pu puiser de l’eau d’un puits avec ce seau basculant dans un bassin qui se déverse ensuite dans une canalisation et distribue l’eau dans tout le jardin.

 

Dans le cadre d’un autre projet mis en œuvre au Kenya, grâce à l’adaptation des outils agricoles pour qu’ils pèsent moins lourd et à l’augmentation de l’espace entre les cultures, les personnes se déplaçant en fauteuils roulants ont pu travailler dans des jardins urbains.

La lutte contre les attitudes locales négatives est un autre élément ayant permis d’accélérer l’intégration des personnes handicapées dans tous ces projets.

Dans un projet mené au Bangladesh, par exemple, où les femmes handicapées faisaient l’objet d’insultes, les voisins ont été sensibilisés au handicap par une fédération d’associations et d’ONG locales.

 

Celles-ci ont constaté que ces personnes étaient mieux acceptées socialement et la plupart d’entre elles ont été, pour la première fois, appelées par leur nom au sein de leur communauté.

Des femmes handicapées ont même été élues leaders d’associations locales, ce qui confirme une meilleure acceptation de leur condition par la société.

(Source : SCIDEV.net)

 

Inclusion et survie dans les jardins du Niger

Voici donc l’article relatant l’expérience nigérienne mentionnée plus haut. Basée sur le modèle des jardins ouvriers de chez nous, le concept des “parcelles de survie” favorise l’accès à la nourriture des populations et s’avère être un formidable moteur pour l’inclusion des personnes handicapées.

 

« Avant d’avoir ce jardin, j’ai toujours été à la maison, mais maintenant je viens et je travaille », s’enthousiasme Oumou Moussa. Oumou ne marche depuis qu’elle a contracté la polio à l’âge de 12 ans, mais désormais elle produit de la nourriture tout au long de l’année, ce qui contribue également à alimenter sa communauté.

« CBM International travaille avec les personnes handicapées et leurs familles à développer des jardins de 25 mètres carré irrigués par des canaux d’arrosage simples », explique Soumana Zamo, représentant de CBM International, l’organisation de développement axée sur les personnes handicapées. Ce concept de « parcelle de survie » a été développé par CBM et son partenaire nigérien après la sécheresse de 2005 et la crise alimentaire induite par une invasion de criquets pèlerins.

 

 

La première étape consiste à construire une clôture solide pour empêcher les animaux de pénétrer sur la parcelle. Les jardiniers sont encouragés à cultiver une bordure d’arbres le long de la barrière afin de réduire les effets des vents du Sahara et d’aider à créer un microclimat dans le jardin. Des canaux et des puits sont creusés pour l’irrigation et des couvre-sol sont plantés pour protéger le sol contre le soleil.

La biodiversité est essentielle et l’on compte jusqu’à 50 espèces végétales différentes cultivées sur les parcelles. Les jardins sont conçus pour fournir aux personnes handicapées et à leurs familles des fruits et légumes à manger et à vendre tout au long de l’année, plus de fourrage pour le bétail et de bois de chauffage. Ce qui est important, cependant, ce ne sont pas seulement ces familles qui en profitent.

Soutenir l’inclusion

« L’inclusion véritable est générée lorsque la personne affligée d’un handicap et sa famille sont considérées dans le contexte de leur communauté », explique David Lewis de CBM. « L’histoire de Oumou démontre ceci parce que ses voisins sont des participants au projet. » Voisin de Oumou, Lema Maka, explique davantage. « C’est grâce à Oumou que nous bénéficions de légumes et un puits, » dit-elle. « Tout le village obtient l’eau potable de son puits et nous sommes en mesure d’arroser nos jardins avec elle. Nous n’avons plus à marcher loin pour aller chercher de l’eau, et un filtre en toile fine signifie que l’eau est propre. »

 

Les participants ayant une déficience reçoivent une formation spécifique ou des appareils et accessoires fonctionnels dont ils ont besoin pour travailler dans leurs parcelles. Pour un participant aveugle, le projet a développé un seau qui, après être rempli de l’eau du puits, se vide ensuite dans un bassin, qui est ensuite versé dans un canal et distribué à travers le jardin. Dans chaque jardin, un système d’irrigation à petite échelle simple est développé, permettant à l’eau de s’accumuler dans les petits bassins où les arrosoirs sont remplis. Grâce au projet, les personnes handicapées sont également capables de contribuer à la « formation d’inclusion », ce qui aide à changer les attitudes en insistant sur leur contribution à la vie sociale et économique de leur communauté.

 

La première phase du projet a financé 40 parcelles au Niger, pour atteindre 44 personnes handicapées et leurs familles (168 personnes). 24 parcelles supplémentaires ont depuis été soutenues et 80 autres sont en cours de mise en place. Les exploitants de parcelles ont fait état d’un meilleur accès à la nourriture et des revenus améliorés, dont certains ont été utilisés pour financer des activités plus rémunératrices. Bon nombre de leurs techniques de jardinage ont ensuite été adoptées par d’autres membres de la communauté. Le concept s’est répandu à l’est du Burkina Faso et au nord du Ghana où les personnes handicapées, leurs familles et les communautés mettent en œuvre le modèle de parcelles de survie.

Restaurer l’espoir et la dignité

Améliorer la sécurité alimentaire et les revenus ne sont qu’un des résultats du projet. « Les attitudes envers les personnes handicapées ont également été améliorées », explique Zamo. « Les collectivités sont maintenant plus conscientes que les personnes handicapées peuvent participer pleinement à la vie communautaire. Ils assistent aux réunions de la communauté et dans de nombreux cas, sont porteur d’initiatives. Les personnes handicapées ont repris confiance en elles-mêmes et leurs voix se font entendre haut et fort et clair. »

 

Selon Paul Caswell, qui a créé le concept de « parcelle de survie », la plus importante leçon découlant du projet est que la production agricole peut fonctionner dans le Sahel tout au long de l’année, malgré le climat rude et changeant. Et cette leçon a encore plus de puissance quand les personnes handicapées, qui, dans bien des cas, ont été marginalisées, sont au centre de l’innovation et aident à bâtir le développement durable dans leurs communautés. Lentement, les attitudes changent, pas seulement autour des personnes prises en charge, mais pour toute personne ayant une déficience dans la communauté.

 

« Ce n’est pas juste une question de nourriture », conclut Caswell. « Durant les mois où tout est sec et mort, vous n’avez pas à demander où sont les parcelles de survie. Vous pouvez les voir par vous-même : chacune est un patchwork de vert entre le brun. Vous rencontrez alors la famille et au lieu d’être mal nourris, ils sont en bonne santé. Pour le membre de la famille qui souffre d’une incapacité, l’inclusion dans le projet de parcelle de survie leur a donné fierté et dignité. La qualité de leur vie et celle de leur famille s’est considérablement améliorée. »

En Nouvelle-Zélande, un producteur de vin exceptionnel

Marie-Renée Hector

 

Nous continuons notre périple. Quittons l’Afrique pour aller plus loin encore : en Nouvelle-Zélande, le pays du long nuage blanc où CP Lin, aveugle, produit du vin.

 

Un samedi de mai 2003, en plein milieu d’après-midi, une surprise téléphonique, c’est un appel d’un professeur d’anglais d’une université parisienne prénommée Marie-Christine. Elle m’annonce avoir eu mon numéro personnel par l’intermédiaire de M. René Gouarné, ancien Président du GIAA. De ce fait, ma curiosité est immédiatement stimulée et mon attention s’émoustille.

 

Ce professeur s’explique : elle a un ami aveugle qui vit en Nouvelle-Zélande et souhaite venir pour l’été en Europe, afin d’apprendre le français dont il a besoin pour son activité professionnelle. Il est producteur de vin. Comme je le fais souvent, je réagis spontanément, sans réfléchir plus, et je déclare que je vais faire le maximum pour que ceci soit possible. Cette dame me donne les coordonnées de CP Lin. Alors, durant le mois de juin, je me mets en chasse d’une famille d’accueil et d’un professeur de français. Finalement, mes recherches aboutissent à Liège, chez une amie qui enseigne le français langue étrangère à l’université.

 

M. Lin suit mes recherches car nous échangeons par téléphone à plusieurs reprises. Et nous finissons par nous rencontrer fin juillet ; il passe à Paris pour se rendre à Liège par le train. Il y séjournera un mois et aura fait d’immenses progrès dans notre langue. Je n’imagine pas alors que ce sera le début d’une relation humaine durable avec la découverte d’un vrai professionnel.

 

En effet, je l’ignore encore, Cp Lin est déjà l’un des producteurs de vins les plus talentueux de Nouvelle-Zélande ; et son parcours est tout à fait singulier.

 

 

Né à Taiwan, il est devenu aveugle à l’âge de deux ans, en raison d’un rétinoblastome.

C’est à l’âge de treize ans, au début des années 80, qu’il émigre vers la Nouvelle-Zélande avec ses parents, qui montent alors un élevage de daims puis se lancent dans l’import-export.

 

Jeune homme d’une intelligence hors du commun, après de brillantes études, il est diplômé de mathématiques de l’université de Canterbury, et de science vinicole de l’université de Lincoln.

Parlant taiwanais, mandarin, anglais, français et allemand, il travaille à la fabrication du vin depuis une vingtaine d’années et est devenu un producteur illustre et respecté ; il n’hésite pas à voyager pour travailler aux USA, en Australie, au Portugal, en Italie et en France, sans parler, bien sûr, de la Nouvelle-Zélande où il réside.

 

Lorsque nous nous sommes rencontrés, il travaillait depuis 1997 dans le vignoble de Mountford, dans la “Waipara region”, qu’il a quitté en 2013 après le changement de ses propriétaires.

 

 “J’avais commencé à goûter les boissons comme le cognac et le whisky, le vin ne faisant pas partie de la culture chinoise. Je me souviens de ce que j’ai bu en premier ; c’était un Johnny Walker et soda, au mariage d’un cousin. J’avais neuf ans”, nous dit-il. Puis il ajoute qu’il trouvait les mathématiques quelque peu monotones et que, pour pallier cette monotonie, il s’est inscrit dans un club d’œnologie et a découvert qu’il avait un vrai don de goûteur.

“Je parvenais à mémoriser précisément quel était le vin que j’avais goûté et m’en souvenais longtemps après. C’est à partir de ce moment-là que je me suis passionné pour le vin. Mes études achevées, j’ai voyagé pendant un an et, à mon retour, j’ai rédigé la liste de ce que je souhaitais faire. Le vin figurait en tête de liste. J’ai alors pris conscience qu’un loisir pouvait se transformer en profession.”

 

Le premier poste de CP Lin lié à l’industrie du vin a été dans l’exportation des vins néo-zélandais vers les pays d’Asie.

 

Ses débuts dans la fabrication du vin ont été audacieux comme il le raconte : “J’avais été invité à déjeuner avec des amis de l’université au vignoble de Mountford. Je n’avais pas tellement envie d’y aller mais mes amis m’ont finalement convaincu. Pendant le repas, nous avons goûté plusieurs vins avec le propriétaire, Michael Eaton. Michael m’a demandé ce que je pensais des vins que nous avions goûtés et j’ai dit que pour moi ils n’étaient pas terribles ! Plus tard, nous avons visité la vigne et j’ai dit à Michael que, selon moi, il y avait quelques modifications à faire dans la vigne, comme ébourgeonner davantage pour limiter le rendement et par conséquent la concentration du vin (le nombre de bourgeons étant trop élevé), et qu’il faudrait aussi dédrageonner...”

 

Mais le propriétaire ne l’écouta qu’à moitié. Ce fut l’odeur d’un cigare cubain qu’il identifia, et il demanda qui fumait un Montecristo. Le fumeur en question était précisément Michael Eaton, le propriétaire qui lui dit alors : “Je constate que vous vous y connaissez pour sentir et déguster. » Et CP de dire tout simplement : « nous nous sommes alors assis et avons discuté ; puis il m’a offert un poste dans son hangar de production. Je pense que je m’étais trouvé au bon endroit au bon moment. Je suis resté 12 ans à Mountford.”

Quitter la propriété de Mountford quand ses propriétaires ont pris leur retraite a été un déchirement pour lui, car de solides liens s’étaient créés avec Mr et Mrs Eaton que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans leur vignoble en 2004. CP Lin n’a pas accepté les méthodes de travail des successeurs.

 

En plus de son travail à Mountford Estate, CP Lin a eu plusieurs contrats de consultant avec notamment trois propriétés plus particulièrement, dans la Hunter Valley en Nouvelle Galle du Sud (Australie), à Mona Barabran, et dans l’Oregon aux États-Unis.

 

Comme il est aisé de l’imaginer, une telle profession implique de relever des défis. Et le premier reste celui de persuader qu’il est possible à un aveugle de faire ce travail. Il lui faut sans cesse se montrer non seulement capable de faire du bon travail, mais meilleur que les autres.

 

“Quand j’ai débuté ma carrière, je mettais un point d’honneur à faire la plupart des tâches seul pour faire mes preuves : je nettoyais les cuves, lavais les barriques, etc. À présent, je n’ai plus à faire mes preuves et je ne fais plus ces tâches-là. En général, j’ai dans la tête une bonne image mentale des lieux...”

 

CP Lin explique qu’il doit, lorsqu’il arrive dans un nouveau vignoble, prendre un peu de temps pour faire le tour de ses lieux de travail ; il dit que dans l’Oregon il lui a fallu une journée pour mémoriser le lieu qui était sur trois niveaux.

“J’ai un bon sens spatial des lieux et je me sers de la résonnance, de l’écho sur les murs et le mobilier.

 

« Mountford Estate est beaucoup plus petit que la cave dans l’Oregon, et il m’était beaucoup plus aisé de m’y déplacer. » Cependant CP Lin explique qu’il lui fallait toujours penser que des instruments pouvaient ne pas être à leur place ou avoir été laissés par terre, « quoi que nous soyons toujours stricts pour des raisons de qualité du travail et des questions d’hygiène. »

 

Dans certaines caves, CP Lin dispose d’une balance électronique parlante très précise et d’un indicateur de niveau adapté, qui lui permettent d’effectuer ses mesures, sinon il a un assistant pour ce genre de travail et il reconnaît volontiers que c’est plus rapide avec un assistant.

Quant aux tâches administratives, il les accomplit grâce à son ordinateur équipé de sa synthèse vocale. Rien n’est marqué en braille dans les caves. Il nous parle des seules bouteilles où figure du braille : les bouteilles de Chapoutier, une maison vinicole de la vallée du Rhône.

 

La plupart du temps, la fabrication du vin est “intuitive”, selon CP Lin.

“J’ai, dit-il, la chance que mon sens du goût soit un don génétique familial. Associé avec un bon nez, cela me donne la possibilité de repérer un vin de qualité.”

 

Avec un sens perdu, les autres se mettent à travailler davantage lorsqu’on l’entraîne. Et, pour ce qui concerne le vin, le palais de M. Lin est très aiguisé. J’ai pu l’observer à plusieurs reprises, lors de séances de dégustations à l’aveugle, dans son pays d’adoption et ici, à Paris.

 

Mais il lui arrive de trouver ce don quelque peu embarrassant, comme les musiciens qui ont l’oreille absolue.

Et il explique en plus que ses goûts ne sont pas toujours identiques à ceux des personnes pour qui il travaille. Il déclare que « le vin doit être fait pour plaire aux consommateurs si on veut qu’ils l’achètent.»

 

Selon lui, la cécité n’est ni un avantage ni un inconvénient dans son travail. Il n’est pas utile d’y voir pour découvrir si un vin est trouble ou clair et la température n’est pas non plus un problème. “En goûtant le vin, je peux vous dire s’il est maintenu à une température trop haute pour lui.” Une fois, en Alsace, on a refusé qu’il vienne travailler en raison de sa cécité ; mais une telle réaction est restée rare pour lui.

 

Il espère pouvoir encore visiter de nouveaux vignobles et pouvoir y travailler comme consultant, car comme il le déclare, il a encore beaucoup à connaître. Il était entre les USA et Londres fin octobre.

 

Mais il rêve de se lancer un nouveau défi pour exploiter les possibilités que lui donnent son odorat : depuis quelque temps, il a essayé de se faire admettre dans une école de parfumerie en France. Mais la direction refuse de lui donner la moindre chance en raison de la cécité. Pourtant, il ne désespère pas.

 

En Champagne aussi... Des bulles sans les yeux : Régis Gerbaux, vigneron déficient visuel

Inès Duhesme et Bertrand Bontoux

 

On en profite pour réviser les phases de la champagnisation !

Après quarante minutes de train de banlieue, Inès et Bertrand sont sur une autre planète : un gros village tout plein de rosiers, devant un ravissant coteau planté de vignobles : Crouttes sur Marne, en terroir champenois. Son extrémité ouest, la plus proche de la capitale, la vallée de la Marne, une des quatre sous-régions de Champagne avec la Montagne de Reims, la côte des blancs et la Côte des Bars. Mais ici peu de plaques 51 : c’est le département de l’Aisne (02) où se trouvent 10 % des crus, communes de l’appellation contrôlée champagne.

 

Nous sommes accueillis dans une maison des années vingt par Régis Gerbaux, viticulteur déficient visuel, fils et petit-fils de viticulteur. Il a très tôt été attiré par la profession, cependant son père, réticent, exigea d’abord qu’il se prépare à un métier plus en adéquation avec son handicap. Après l’INJA, Régis passa donc le diplôme de kinésithérapie, qu’il pratiqua pendant deux ans.

 

Revenu enfin dans l’entreprise familiale, il commença par travailler comme employé « toutes mains », afin d’aborder tous les aspects du métier de la vigne et du vin. À cette époque il avait un peu de vision : 1/10e à l’œil droit. Mais sa vue diminuant, il s’aperçut que certaines tâches, tels que les travaux de la vigne proprement dits devenaient difficiles en raison des impératifs de cadence et de rendement qu’exige l’entreprise.

 

Après le café offert au salon, nous arpentons les rangs de la parcelle de vigne attenante à la maison. Les raisins sont encore petits. C’est la période de nouaison (les raisins commencent à grossir après la floraison). Régis nous explique le palissage en cours : pendant cette opération les rameaux sont relevés, maintenus bien séparés et placés entre deux rangs serrés de fil de fer, pour éviter qu’ils soient cassés par le poids des grappes ou le passage des hommes et des machines, et permettre une bonne pénétration de l’air et du soleil dans le feuillage. Régis a participé à ce travail quand ses yeux le lui permettaient ainsi qu’à la manutention, par exemple le transport des pieux destinés à la plantation de nouveaux pieds. Il a fait aussi un peu de taille.

 

Après la vigne, un goûteux déjeuner dans un restaurant ami, et nous voici au cœur du sujet, dans le royaume de Régis le bien nommé : cuverie et cave. Il y passe le plus clair de son temps, quand il n’est pas à son bureau pour la gestion de l’entreprise. Nous arrivons dans une immense pièce où se trouve le pressoir : moins visible qu’un pressoir « médiéval » à vis géante, il est accroché au mur, en hauteur, en métal, disposé de façon horizontale. Il fonctionne à l’air comprimé fourni par une machine située à côté. Là a lieu le pressurage des raisins pendant les vendanges. Le jus -le moût- coule par drainage. Il est récupéré dans les cuves métalliques rectangulaires, de différentes tailles et serrées les unes contre les autres. Dans celles-ci, les belons selon le terme champenois, le moût va devenir vin. C’est la première fermentation alcoolique. Celle-ci est commune aux vins tranquilles et aux vins effervescents, ceux qui nous intéressent ici. Mais pour ces derniers, le jus, ensemencé en levures, n’est pas complètement fermenté avant la mise en bouteille, où aura lieu une seconde fermentation. Le vin en formation est ensuite soutiré, mêlé d’une substance –colle, œuf ou caséine qui va attirer les dépôts, séparer la lie du vin, qui sera ainsi clarifié. On le change de contenant. Le soutirage est devenu compliqué pour Régis qui, par contre, est à l’aise pour goûter, après cette première fermentation, les vins issus des différents cépages de la propriété, et procéder à l’assemblage : on mélange des crus de caractères différents, issus de plusieurs sous-sols ou expositions au soleil, ou bien complémentaires, avec une exception : pour l’appellation blanc-de-blanc, seul le cépage chardonnay est accepté. On peut aussi mêler des années diverses. Mais pour le millésimé, par exemple le 2007 élevé par Régis, seule la récolte de cette année-là est acceptée.

 

Nous entrons dans la cave à la température fraiche (11°) : un étrange et immense réseau de couloirs voûtés aux murs irisés par les reflets des ampoules plafonnières, creusé en 1948-50 par le grand père et le père de Régis. Celui-ci se repère très bien dans ce dédale, il n’utilise la canne blanche qu’à l’extérieur de la maison. Ici nous est expliquée la champagnisation à partir de la seconde fermentation spécifique aux vins effervescents. Pendant cette dernière qui dure environ de novembre à décembre, le reste de sucre non dégradé lors de la première fermentation incomplète se transforme en alcool pendant que se dégage du gaz carbonique, le CO2 qui, au contact des impuretés, donnera les bulles en s’échappant de son contenant. C’est la prise de mousse, qui a lieu dans les bouteilles.

 

 

Régis montre ensuite à Bertrand le pupitre de remuage ; il s’agit de rendre au vin sa limpidité en éliminant le dépôt formé pendant la prise de mousse en le faisant « sédimenter » dans le goulot. Une bouteille est remuée soit manuellement, et cela demande un tour de main. Un bon tourneur fait 10.000 bouteilles à l’heure : bougée sur son axe et remontée à la main progressivement à la verticale 25 fois en un mois et demi ; soit dans une cage grillagée automatisée, un gyro-palette qui bouge à intervalles réguliers nuit et jour et divise environ par six le temps total de remuage.

Cette opération dégage un dépôt qui doit être éliminé. C’est le dégorgement qui se fait soit en glaçant le goulot à -28° dans le glycol, ce qui provoquera l’expulsion du dépôt par pression, soit à la volée, à la main.

 

Au vin est ajouté une liqueur dont la recette est gardée secrète par chaque vigneron, mélange de sucre de canne dissous dans un bon ou un grand vin, soigneusement choisi, dosé en fonction de la palette d’arômes et du degré de sucre souhaité : chez Régis, demi-sec, sec ou brut. Ce mélange va reposer plusieurs mois.

 

Enfin la bouteille est bouchée définitivement : le bouchon est tenu par le muselet en fil de fer qui l’empêche d’être expulsé par la pression du gaz carbonique donc des bulles. Sur le dessus, la capsule est décorée d’une image personnalisée. Une étiquette est collée et la bouteille va reposer en cave entre 15 mois et trois ans. Cette bouteille nous la voyons de près sur la table de Régis qui nous l’offre à déguster. C’est un millésime 2007. Un champagne au goût extrêmement fin sans aucune amertume.

 

Quelques mots enfin sur l’entreprise. Régis est propriétaire-récoltant. Il élabore lui-même son champagne qu’il vend quasiment sans publicité par le bouche à oreille. Les 35.000 bouteilles seront vendues cette année. Pour la gestion il s’est servi tôt (dès 1987) d’un ordinateur avec plage braille, et il semble très à l’aise avec les technologies, les logiciels adaptés.

Sa fille dont la profession est designer, va reprendre l’exploitation avec son mari.

 

Le site web du domaine : www.champagne-gerbaux.fr

Le contact par courriel : contact@champagne-gerbaux.fr

 

Un grand merci à Régis Gerbaux de nous avoir reçus et à Nicolas Duhesme, viticulteur pour sa documentation et ses conseils complémentaires.

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LA VIE DU GIAA

Connaissens enseigne les gestes de premiers secours aux déficients visuels

La Fondation Harmonie Solidarités lance CONNAISSENS. Une vaste opération de formation aux gestes de premiers secours accessible et destinée aux personnes en situation de handicap visuel, auditif et à leurs proches. Ce parcours sensoriel original est aussi ouvert au grand public. Le GIAA fait partie des partenaires de ce dispositif.

 

Depuis octobre 2016 et jusque fin 2018, la Fondation Harmonie Solidarités organise sur l’ensemble du territoire (une quinzaine de villes), des sessions de formation aux gestes de premiers secours accessibles aux personnes déficientes sensorielles. Orléans et Annecy sont les premières villes étapes.

 

 

 

Mise en œuvre par l’UNASS, Union Nationale des Associations de Secouristes et Sauveteurs, la formation Prévention Secours Civique Niveau 1 (PSC1) dispensée et traduite en langue des signes française est également adaptée aux personnes déficientes visuelles ;

Cette formation, gratuite et qualifiante, permettra aux participants d’acquérir un comportement réfléchi et efficace, seul face à une situation d’accident de la vie quotidienne : mettre en position latérale de sécurité (PLS) une personne inconsciente, pratiquer une réanimation Cardio-Pulmonaire (RCP) chez une personne qui ne respire pas, agir devant un malaise, etc… La formation est ouverte aux personnes déficientes sensorielles et à leur entourage.

 

Pour participer à la formation, une inscription est obligatoire sur www.connaissens.harmonie-solidarites.org

Un parcours sensoriel vecteur de lien social

Également au programme de ce tour de France, un parcours sensoriel à la fois exploratoire et inédit qui met en scène l’environnement de nos sociétés tout en permettant une meilleure prise de conscience des problématiques liées aux déficiences sensorielles. Il invite à la recherche d’un équilibre pour un « mieux vivre ensemble » à travers le respect des singularités et la solidarité. Un concept original de l’agence E&H LAB.

Cette exposition ouverte au grand public permet des rencontres et partages d’expériences pour mieux appréhender les handicaps sensoriels et renforcer le lien social.

Un rayonnement national grâce aux acteurs de CONNAISSENS

CONNAISSENS fédère un ensemble de personnes et organisations engagées aux côtés de la Fondation Harmonie Solidarités pour l’inclusion des personnes déficientes sensorielles. Chacun d’entre eux contribue aux actions en apportant leur aide, leur expertise et leur enthousiasme, pour la réussite du projet !

C’est le cas du GIAA qui a participé au lancement de cette initiative le jeudi 3 novembre à Orléans. Marie-Renée Hector, notre présidente y a prononcé une courte allocution que nous retranscrivons ici.

 

“Bonjour à tous.

Je suis Marie-Renée Hector, la présidente du GIAA.

J’ai l’honneur de présider depuis 2012 cette association reconnue d’utilité publique. Je siège au conseil d’administration depuis une quinzaine d’années.

Dans le civil, je suis professeur à la retraite. J’enseignais l’anglais à l’INJA, l’Institut National des Jeunes Aveugles.

Alors, laissez-moi vous présenter notre association : le GIAA… GIAA pour Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes. « What a name » tout de même, comme j’aurais pu l’enseigner à mes élèves. Groupement… Aveugles… C’est clair pour tout le monde.

Amblyopes … Ça se complique un peu. L’amblyopie définit une différence d’acuité entre les deux yeux… Dans notre enseigne, il recouvre l’ensemble des malvoyances.

 

Intellectuels ? Intellectuels parce que l’association est née en 1949 dans les universités parisiennes. À l’origine il s’agissait de permettre aux déficients visuels de suivre des études supérieures et ainsi dévier de la voie professionnelle que d’autres avaient tracé en ligne droite pour eux : à l’époque une personne qui y voyait peu ou pas du tout devenait (quand elle devenait) presque toujours rempailleur de chaises ou accordeur de piano. Les fondateurs du GIAA ont voulu briser ce carcan en permettant aux jeunes déficients visuels d’avoir accès aux ressources documentaires nécessaires à la poursuite des études. C’est ainsi qu’a démarré la grande aventure de l’enregistrement de livres.

Près de 70 ans plus tard, le GIAA œuvre pour l’insertion professionnelle et sociale des déficients visuels dans leur ensemble, qu’ils aspirent à suivre, suivent ou aient suivi de grandes études ou non. Nous ne sommes pas un club de maîtres de conférences.

 

Nous proposons à nos membres une gamme de services sur mesure :

- une bibliothèque accessible riche de 37.000 ouvrages en braille, gros caractères ou audio ;

- un service de transcription et d’enregistrement à la demande, l’offre de lecture pour les déficients visuels, vous l’ignorez peut-être, étant notoirement insuffisante ;

- un kiosque presse audio et braille qui compte 38 revues adaptées ;

- des activités culturelles adaptées : visite d’ateliers de sculpture avec des œuvres que l’on peut toucher, mais aussi de musées. Balades décrites et tactiles de quartiers parisiens, découverte de grands sites patrimoniaux, expériences sonores avec des répétitions de concerts à la Philharmonie, des escapades dans les studios de création de la Maison de la Radio, des cafés littéraires… J’en passe, j’en passe …

 

Nous disposons également d’un Club Emploi que la Fondation Harmonie Solidarités connaît bien… Cette structure accompagne des personnes déficientes visuelles dans leur recherche d’emploi, de formation, de maintien dans l’emploi ou de reconversion professionnelle. Il s’emploie également (c’est le cas de le dire) à sensibiliser les entreprises à l’employabilité des aveugles ou malvoyants.

 

Depuis 2013, la Fondation Harmonie Solidarités soutient le développement de ce Club Emploi. Et je peux vous dire que c’est un soutien efficace et qui nous est précieux. En 2013, la fondation a financé la formation des accompagnateurs du Club Emploi à la méthodologie et aux bonnes pratiques de l’accompagnement vers l’emploi. Cette formation a permis de souder notre équipe autour de pratiques et approches communes. Nous avons gagné en efficacité.

Cette année, la Fondation nous a encore aidé à gravir un nouvel échelon en soutenant le développement d’une antenne du Club Emploi dans le Grand Est, à Strasbourg. Je peux vous dire qu’elle est déjà très active.

 

Aujourd’hui, nous entamons un nouvel ouvrage commun. J’en suis ravie et très fière.

Le projet Connaissens (et là aussi, what a name !) me tient particulièrement à cœur, car comme les pionniers du GIAA, il y a près de 70 ans, il entend changer la donne. Faire des déficients visuels des secouristes… Quelle belle idée ! Voilà un excellent moyen de changer la perception que les gens ont des personnes porteuses d’un handicap.

 

Vous savez, quand on ne voit pas ou très peu, il n’est pas rare (et c’est un euphémisme) que nous soyons obligés de demander de l’aide. À terme, ce besoin d’assistance devient pesant. Si vous ne l’avez fait, je vous invite à ce propos à lire “Je veux croire au Soleil”, le dernier ouvrage de Jacques SEMELIN, enseignant chercheur à Sciences Po et membre du GIAA. Il explique très bien comment cela devient presque agaçant d’être toujours celui que l’on aide.

Connaissens va donner la possibilité aux déficients visuels de devenir ceux qui aident.

 

Pour moi, ce projet est porteur de beaucoup d’espoirs en termes d’échanges, de renforcement du lien social, de perception que nous avons les uns des autres et parfois de nous-mêmes.

Je remercie vivement et profondément la Fondation de nous renouveler sa confiance en nous associant au lancement ce cette très très belle initiative. Nous sommes fiers de porter à vos côtés ce message fort d’ouverture aux autres et au monde : comptez sur les membres, bénévoles et salariés du GIAA que je représente aujourd’hui pour le diffuser.

Merci à tous pour ce magnifique projet qui révèle les qualités d’ouverture et de disponibilité envers autrui et de respect de notre citoyenneté”.

 

La prochaine étape de Connaissens se déroulera à Annecy en Haute-Savoie.

• Une exposition originale, sous forme de parcours sensoriel, gratuite, ouverte au grand public du 10 au 19 janvier 2017 de 10h à 19h au Centre culturel de Bonlieu - 1 rue Jean Jaurès à Annecy.

 

• Des sessions de formation aux gestes de premiers secours, gratuites, accessibles aux personnes déficientes sensorielles du 7 au 10 février 2017.

Inscription obligatoire sur : www.connaissens.harmonie-solidarites.org

 

Blaise Pascal, le cœur et la raison, Visite de l’exposition à la BNF le 18 novembre

Inès Duhesme

 

Deux groupes ont fait le déplacement, les 18 novembre et 3 décembre 2016 pour voir cette seconde grande exposition consacrée à « Blaise Pascal l’effrayant génie ». L’exposition Pascal a été organisée en dehors de toute commémoration. La précédente datait de 1962, dont le fonds numérisé Gallica conserve les documents. 200 objets sont exposés, empruntés souvent à la réserve des livres rares. L’origine du fonds remonte à la confiscation révolutionnaire de la bibliothèque de Saint Germain des Prés, à qui le neveu Louis Périer avait légué des manuscrits.

L’Ordre des corps : l’homme, sa famille, ses lieux de vie

Plusieurs portraits de Blaise, huiles ou sanguines, se ressemblent tous, issus du masque mortuaire. Fonds neutre, toge sombre à rabat blanc, longs cheveux bouclés, long nez cassé. Comme ses amis jansénistes, Blaise n’a jamais voulu être représenté de son vivant. Non loin de là le portrait de Gilberte Pascal épouse Périer. Elle était l’une des deux sœurs de Blaise avec Jacqueline, future religieuse de Port-Royal. Ils sont les enfants d’Étienne Pascal, de petite noblesse de robe et de Antoinette Begon, décédée quand les enfants étaient très jeunes. Un grand arbre généalogique est présenté, comprenant la liste des professions de ces personnes. Étienne était Second président à la cour des aides, chargé de la vérification des impôts. Savant mathématicien et musicien, il a été éclipsé par son fils. Deux très beaux plans : l’un aquarellé représente Clermont-Ferrand au XVIIe siècle. Un plan gravé de Paris en vue cavalière, montre les limites de la capitale de cinq cent mille habitants, à l’époque où y ont vécu les Pascal. En effet, Étienne vendit sa charge après son veuvage pour éduquer ses enfants à Paris, où il déménagea en 1631. Il s’installa dans le quartier de la place de France (sœur non terminée des places Royale et Dauphine), dans le haut Marais actuel. Il a voulu interdire, en vain, l’étude des mathématiques à Blaise et a commencé par lui faire étudier d’autres matières. Il céda et l’emmena chez le Père Mersenne, de l’Ordre des Minimes, un savant qui tenait salon. Dans une vitrine, l’on peut voir son Traité de l’harmonie universelle, de la musicologie ; il y est question des orgues notamment.

 

 

Ruiné par la baisse de la rente sur l’Hôtel de Ville due à la guerre, Étienne se mit à la tête d’un mouvement de protestation et dut se cacher. Gracié par Richelieu, il dut partir à Rouen de 1640 à 1647 avec sa famille. Là-bas, les Pascal firent la connaissance en 1646 de jansénistes, amis de l’abbé de Saint-Cyran, lui-même ami de Jansen. Un beau portrait peint de Saint Cyran est exposé. La parution d’un fac-similé d’une lettre (1651) à Gilberte sur la mort de son père dit ceci : “Nous devons chercher la consolation de nos maux en Dieu […] La vraie vie commence après la mort”.

La Pascaline de 1645

Un fac-similé de la machine arithmétique, dite la Pascaline, est sorti avec précaution d’un placard : un exemplaire exécuté pour le musée de Clermont. Pascal a développé cette machine, dédiée au chancelier Séguier qui accorde un privilège royal, sorte de brevet, dans le but d’aider son père à faire les calculs de l’Impôt. Il avait entre 19 et 21 ans. Il en reste huit exemplaires. Cette machine est en cuivre, un véritable objet d’art comme tous les instruments de cette époque. En forme de parallélépipède, sur le dessus cinq petits cadrans, tels d’anciens cadrans téléphoniques, les inscripteurs, que l’on fait tourner, dans le sens horaire, à l’aide d’un stylet en bois, de façon à faire apparaître tel chiffre sous les fenêtres, appelées les totaliseurs. On peut faire des additions et des soustractions.

 

 

Pascal et les salons des Précieuses

Beaucoup d’entre elles sont protectrices de Port-Royal. Grandes lectrices des Provinciales, pourtant mises à l’index, elles reçoivent Pascal dans leur salon au Marais, comme Madame du Plessis-Guénégaud en son hôtel de Nevers. Nous voyons un portait de la duchesse de Longueville, (1679), sœur du grand Condé, de même la marquise de Sablé habitante de la place Royale. C’est l’époque des mondanités fécondes. Dans ces salons, Pascal rencontra aussi le Duc de Roannez, gouverneur du Poitou, avec lequel il va s’associer.

Les entreprises

“J’aime la pauvreté parce que le Christ l’aimait, j’aime les biens pour pouvoir assister les pauvres”, écrivit en substance Pascal. Les machines arithmétiques ne rapportaient guère à Pascal, il se lança dans les affaires. Avec Roannez il s’attaqua à l’assèchement des marais poitevins : il était actionnaire et apportait son concours pour les techniques hydrauliques. Par ailleurs, les transports en commun : une affiche commençant par “De par le Roi” nous informe de la nouvelle route (ligne) de carrosses à cinq sols lancée par Pascal, dans Paris. Cette entreprise ne dura pas au-delà de 1679.

L’Ordre de l’esprit, ses recherches scientifiques

Deux allégories : l’une porte une équerre et la Terre : la géométrie, la “mesure de la terre”. La seconde est La rhétorique, l’art de raisonner que Pascal possédait au plus haut point. Est exposé l’Essay sur les coniques (1640) premier texte publié par Pascal, quand il avait dix-sept ans, études des intersections entre un cône et un plan. Non loin de là, le livre de Appolonius de Perge (111 avant JC). Sur ce sujet est exposé un brouillon (projet, fascicule imprimé en quelques exemplaires pour la discussion entre pairs). Celui-ci est de la main du géomètre Girard Desargues sur les coniques également.

 

Autre thème de recherche : la géométrie du hasard (Probabilités). Un tableau de 1654 montre une partie de tric-trac. Le chevalier de Méré, joueur, lui demanda en combien de coups on pouvait espérer faire un double-six. Autre problèmes posé : si on interrompt la partie comment rend-on les mises ? Les études de Pascal ont conduit aux probabilités. Il travailla également sur l’espace, le vide (1646-51). À la suite de Torricelli (1644), Pascal fait, au Puy-de-Dôme et à la tour Saint-Jacques, l’expérience du vide à l’aide du vif-argent, le mercure, et ruine l’hypothèse aristotélicienne selon laquelle la nature a horreur du vide. En 1647, il rencontra Descartes, pour lequel le vide est impossible. Polémique avec Étienne Noël sur la matière subtile. Enfin, La cycloïde ou roulette de Pascal. La trajectoire d’un point fixé à un cercle qui roule sans glisser sur une droite (un chewing-gum sur une roue de vélo dessine une succession d’arches arrondies sur une ligne droite). Avant lui, Nicolas de Cues, Galilée, Torricelli, Mersenne, Roberval démontrent mathématiquement que cette aire est égale à trois fois l’aire du cercle qui l’a engendré.

 

Défis entre les géomètres. Pascal a même lancé un concours sur ce thème avec quarante pistoles au gagnant ! Pas de gagnant. Pascal donne la réponse sous le pseudonyme de Dettonville.

Autre versant de l’esprit pascalien : la rhétorique. Les Provinciales : « lettre écrite à un provincial par un de ses amis, et sur le sujet des disputes présente de la Sorbonne ». C’est une véritable machine rhétorique lancée pour défendre le Grand Arnaud, chassé de la Sorbonne pour jansénisme, en 1656. Converti à cette doctrine par Saint-Cyran, il fut le premier des Solitaires de Port-Royal. Les Lettres sont présentées au mur, non reliées. Des premières sur la doctrine de la Grâce, au ton assez ironique, on passe au débat moral, puis le ton laisse place à la colère. Ce texte préparé à plusieurs dans le milieu des partisans de Port-Royal, fut condamné par Rome mais très recherché des gens du Monde. Est exposée La Bulle Cum occasione d’Innocent 10 (1653) condamnant à la demande du Roi les cinq propositions.

L’Ordre du Cœur, la Foi

Saint Augustin et le jansénisme : un grand tableau d’église représente Saint Augustin donnant son cœur à l’enfant Jésus sur les genoux de sa mère. Sa doctrine (IVe siècle) est à l’origine du jansénisme, en raison de sa théologie de la Grâce : Dieu seul décide s’il accorde ou non sa grâce -dite alors efficace, qui seule permet le salut. Le libre arbitre ainsi n’existe pas. Contrairement à Pélage (Ve s.) selon lequel l’homme a eu, lui, la force de vouloir le bien, puis plus tard aux partisans du jésuite Molina dont un livre de grand format, au frontispice richement gravé, est présenté. Dans ce livre, Molina parle de la grâce suffisante mise en route par la volonté de l’homme pour son salut. Violents débats avec les augustinistes, interdiction par Rome en 1611 (Paul 5). Dans l’Augustinus, Jansen, évêque d’Ypres, reprend les idées d’Augustin, se rapprochant de la théorie de la prédestination de Calvin. Il collabore avec Saint-Cyran, proche de Bérulle, fondateur de l’Oratoire, qui s’intéresse à l’augustinisme sans mettre l’accent sur la grâce. Cette doctrine condamnée par le roi et le pape connut un grand succès auprès des gens du monde.

En 1646 et 54, ont lieu les deux conversions de Pascal. La première quand Étienne Pascal a été soigné par deux jansénistes à Rouen, la seconde au moment du miracle de la Sainte Épine dont a bénéficié Marguerite Perrier guérie d’une fistule lacrymale. Ce miracle bénéficiant à un janséniste arrange bien les adeptes. Nous est présenté l’émouvant “Mémorial de Pascal”, manuscrit rédigé en deux heures durant la seconde « conversion » de la nuit du 23 novembre 1654 : Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, non des philosophes et des savants, certitude, sentiment, joie, paix... Oubli du monde et de tout hormis Dieu... Renonciation totale et douce. Des gravures de Rembrandt nous « montrent » le Dieu caché de Pascal : Christ mort ou disparaissant aux yeux des pèlerins d’Emmaüs.

 

Trésor de la Bibliothèque Nationale de France : le manuscrit préparatoire autographe des Pensées. Celui-ci a été publié à titre posthume par le neveu de Blaise, Louis Périer. Copie d’abord, puis édition originale de 1670 et celle dite de Port-Royal en 1678, accompagnées par une Vie de Monsieur Pascal de Jacqueline Périer (1684) destinée à accompagner la lecture de l’œuvre. À l’origine ce devait être une apologie de la religion chrétienne. Pascal en eut le projet après le miracle de la Sainte Épine.

 

Descartes prouve l’existence de Dieu par la raison. Pascal, lui, “échappe“ à la raison. Sont exposés des cahiers de feuilles coupées, munis de trous pour être reliés. Les originaux de travail ont donc été conservés plus des copies d’archives. Plusieurs copies sont présentées. Dans ce texte se trouve le Pari. “Disons : Dieu est, ou il n’est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? Pesons le gain et la perte en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout, si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter”.

 

Pour clore avec émotion l’exposition le masque mortuaire de Pascal, mort en 1662. Il a été prêté par le musée de Port-Royal.

 

Un nouveau cru à Bordeaux - Le sceptre d’Ottokar, nouvelle BD audio-décrite

GIAA Aquitaine

 

La première version de cet album fut publiée en 1939, quelques temps avant la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Quelques clins d’œil d’Hergé, dont le nom du traître syldave Mussler dans lequel on ne peut manquer de remarquer la contraction de Mussolini et Hitler, rendent cet album passionnant sur un plan historique.

 

C’est aussi un véritable roman d’espionnage dans lequel les traîtres complotent à qui mieux mieux et Hergé sait mener l’intrigue de façon haletante.

 

L’audiodescription de l’album fut un véritable exploit, la diversité des costumes, la présence d’une multitude de personnages, tout concourt à rendre cet album passionnant.

Et l’enregistrement, donc ? Drolatique, collaboratif et coopératif comme toujours.

Des bénévoles motivés, captivés par les accents pseudo-syldaves, tout, tout s’est déroulé dans ce climat bon enfant qui nous est cher mais aussi, oserais-je dire, avec le professionnalisme digne d’une pièce de théâtre.

 

À vous l’écoute. Le bulletin de commande est téléchargeable à l’adresse suivante : http://www.giaa-aquitaine.fr/wp-content/uploads/2016/12/Tintin-décembre-2016.pdf

 

Participation du GIAA Aquitaine au 38e congrès national de la FISAF

 

Les 16, 17 et 18 novembre dernier, le GIAA Aquitaine a participé au 38e congrès national de la FISAF (Fédération nationale pour l’Insertion des personnes Sourdes et des personnes Aveugles en France), dont le thème était : Entrer en résonances : familles, usagers, professionnels, pour un mieux faire ensemble à tous les âges de la vie.

 

La FISAF a souhaité ainsi donner à cette réflexion toute sa portée sociétale car cette problématique est bien celle de nos sociétés : comment avec nos différences et nos divergences allons-nous pouvoir créer des espaces de rencontre, de participation, d’échanges pour une meilleure qualité de notre vivre ensemble ?

 

Usagers, familles philosophes, sociologues, bénévoles et professionnels du secteur se sont retrouvés pendant trois jours au Palais des congrès d’Arcachon pour inventer de nouvelles formes de participation et construire enfin ce pouvoir d’agir ensemble en toute solidarité.

 

L’automne 2016 du GIAA fut très musical

Par Inès Duhesme

 

Jeudi 20 octobre au Petit palais, grâce à l’association Jeunes Talents si hospitalière à notre égard, nous entendîmes le duo Goeth in Gun : Sidney Fierro, baryton et Chloé Ducray, harpiste, chanter Schumann, Beethoven, Schubert, Mozart, Lizst. Beaucoup d’entre nous apprécièrent les transcriptions pour harpe, instrument assez mal connu. Les morceaux ont été enregistrés sur un CD produit par Antoine Pagnier, ami du GIAA. Nous avons ensuite déjeuné rue de Ponthieu (comme souvent).

Label d’Antoine Pagnier : www.bellesecouteuses.com

 

Beethoven fut très « présent », en octobre également : un concert-promenade au musée de la Musique : dans différents salles successivement jouait un quatuor. Une autre façon d’écouter de la musique, très proches des interprètes, pour notre plus grand plaisir, malgré les nombreux déplacements dans les étages du musée.

 

Beethoven encore avec la grande exposition “Ludwig van”, le mythe beethovénien. Plutôt le destin du musicien après sa mort en 1827. Une scénographie un peu trop à la mode, multimédia, zappante, une première salle remplie de sons et images de pubs, reportages, extraits de films, traduisant l’omniprésence d’une icône. L’exposition commence par la mort du musicien avec son masque mortuaire. Il est mort un jour d’orage 1827, le récit a été fait par Hüttenbrenner. Peut-être atteint de cyrrhose et de saturnisme en raison du vin de l’époque rempli de plomb. (W. J. Walsh, 2000). Puis on écoute l’allegretto célébrissime de la 7e Symphonie (1811-12) superbement diffusée en un auditorium miniature ; reprise ensuite un peu partout. Mais des endroits permettent d’écouter vraiment la musique, L’orage de la symphonie n°6, Pastorale par exemple qui transcrit l’univers émotionnel d’un sujet imaginaire dans la nature. Notre conférencière nous fit sentir en même temps des parfums de bois.

 

 

Les vitrines sont remplies d’objets passionnants ou émouvants. Des reliques : le cornet acoustique (il est devenu sourd à 27 ans peut-être en raison d’une maladie osseuse du crâne, et communiquait alors à l’aide d’un carnet de conversation exposé ici), une canne, le très précieux manuscrit de la Symphonie n°3 dédiée d’abord à Bonaparte. Mais lorsque ce dernier fut couronné empereur, Beethoven raya Bonaparte pour l’appeler l’« Eroica » et la dédier à son mécène, le prince de Lobkowitz... Son deuxième mouvement est une marche funèbre souvent utilisée.

 

 

Le masque mortuaire a été aussi prêté à l’exposition. Dans la salle des Destinées politiques, la récupération, par les Nazis, par les Alliés (quatre premières notes de la 5e Symphonie), musique festive ou contestataire, l’Hymne à la joie de la 9e Symphonie (1822-24), dédiée au roi Frédéric-Guillaume III de Prusse... On voit enfin les monuments construits en son honneur. Sa seconde tombe, depuis 1888, en forme de pyramide, est au Zentralfriedhof de Vienne, à côté de Schubert, dans le quartier des musiciens.

Lire le numéro 19 de la revue Beethoven sa vie son œuvre, association Beethoven France et francophonie. Dossier « Beethoven hier et aujourd’hui ».

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CULTURE ET LOISIRS

Colloque Jacques Lusseyran entre lumière et cécité. Regards croisés.

Fondation Singer Polignac, 28 Juin 2016

Par Inès Duhesme

 

 

Le 28 juin dernier, un colloque consacré à Jacques Lusseyran était accueilli dans l’hôtel particulier de Winaretta fille du fabricant des machines à coudre Singer et épouse du prince de Polignac. Adorant les arts, celle-ci mécène de Fauré, d’Isadora Duncan, des Ballets russes, tenait salon. Satie, Proust, Colette, Stravinsky étaient ses habitués. Elle constitua sa fondation en 1928 et fit des legs au Louvre.

Le bâtiments, néo XVIIIe siècle, accessible par un majestueux escalier, est constitué de petits et grands salons lambrissés donnant sur un superbe jardin où ont lieu les collations. Dans le salon de musique, cadre du colloque, où “tante Winnie” invitait deux cent personnes, se trouve au plafond les Muses peintes en grisaille par José-Maria Sert, époux d’une autre mécène, Misia.

Jacques Lusseyran est revenu sur le devant de la scène grâce au livre publié par Jérôme Garcin en janvier 2015, “Le voyant”. Zina Weygand, professeur des universités (Paris-Sorbonne), spécialiste de l’histoire de la cécité, avait redécouvert ses livres bien avant, dans les années 80 : grâce à elle, assistée de Céline Roussel ici présente, ce colloque a pu avoir lieu.

Que nous dit Jacques Sémelin, historien de Lusseyran ? Spécialiste de la Résistance civile, il étudie celle du lycéen Lusseyran, « homme libre », à travers son réseau “Les Volontaires de la liberté”, sa façon de recruter au son de la voix, à la poignée de main, qui lui permet d’évaluer la sincérité du candidat. Sémelin note que les prémisses de ce mouvement sont rapportées de façon différente par Lusseyran lui-même. Olivier Lalieu, membre du Mémorial de la Shoah, nous parle de sa déportation évoquée dans “Le monde commence aujourd’hui”, depuis Compiègne jusqu’à Buchenwald. Lalieu note des différences entre le récit et les sources extérieures. Exemple, le registre du camp le présente comme étudiant et non comme interprète, ce que Lusseyran soutient avoir été au camp...

Rébecca P. Scales, professeur à Rochester analyse le volet américain. Chassé de la Sorbonne il partit en Virginie enseigner à des jeunes filles. Il y reçut un accueil typiquement américain : bienveillant et pragmatique (“de quoi avez- vous besoin ?”). Atmosphère protégée, mais impression de vivre dans une « cage de verre » et des étudiants peu autonomes pour leur travail intellectuel. Très nuancé dans ses descriptions de la vie américaine, contrairement à d’autres intellectuels plus connus. « On ne conclut pas sur l’Amérique », écrit-il.

Céline Roussel (thèse sur les écrits autobiographiques d’aveugles) traite ici de l’aspect littéraire : “Écrit et réécriture de soi”. Jacques Lusseyran reconstruit son portrait au cours de ses publications. Le premier livre, Et la lumière fut, La table ronde, 1953, épuisé, raconte sa vie jusqu’à ses vingt ans. La déportation, elle, est racontée dans “Le monde commence aujourd’hui”, écrit en 1959 en Amérique. Lusseyran réécrit “Et la lumière fut” en 1960-61, au moment où des éditeurs demandent sa publication en anglais ; cette seconde version est publié en France en 1983. La Cécité y devient « vision ». Que fait l’écrivain à son propre portrait en réécrivant son histoire ? Il se construit une image de poète visionnaire, d’aveugle voyant au sens antique du terme.

 

La communication de Romain Villet, journaliste, romancier, pianiste, est brillante autant qu’iconoclaste. Certes Lusseyran est fascinant par ses qualités, son courage dans la Résistance. Mais comment un aveugle peut-il dire “Je vois”, et se dire “heureux” de sa cécité ? Il utilise abusivement le mot « lumière », il dit : « voir cet acte inséparable de la vie ». D’où le syllogisme : voir égale vie, un aveugle vit, donc un aveugle voit. Et comment peut-on, selon ses dires, reconnaitre un platane en se plaçant dessous ? Par ailleurs, Lusseyran généralise au nom des aveugles alors qu’il ne s’est jamais agrégé à leur communauté. Malhonnête au fond, ce Jacques Lusseyean dit Romain Villet en trouble-fête.

 

 

Jacques Sémelin intervient maintenant en tant qu’aveugle. Il a découvert Jacques Lusseyran au moment où il préparait son autobiographie dans les années 2000. Stupéfait de lire l’expression « Je vois » sous sa plume. Jacques Sémelin donne sept sens au mot vision selon Lusseyran : 1) Sens quotidien. « Regarder un film ». 2) Voir la lumière. Provocation et paradoxe. Cécité égale lumière. 3) Vision synesthésique des couleurs : certains les ressentent. Pas Jacques Sémelin. 4) Voir physiquement. Problématique : Jacques Lusseyran décrit des paysages ! 5) Sens littéraire, métaphorique. À cet égard le titre de Garcin est justifié. Mais Marguerite Yourcenar a tort de qualifier Borgès de voyant, ce qu’il n’a jamais prétendu être. (Harvard 1987). 6) Sens mystique et religieux. Jacques Lusseyran est croyant sans église influencé par l’anthroposophie. 7) Vie et liberté. Lumière égale Vie ? « À Buchenwald j’ai appris à aimer la Vie ». Donc Jacques Lusseyran se sent libre dans sa cécité. “Chapeau ! moi je n’en suis pas là”, dit Jacques Sémelin, qui précise utiliser d’autres mots que Lusseyran, inventer d’autres mots pour dire la cécité. Mais Jacques Lusseyran a le mérite de nous aider à comparer les regards que les aveugles peuvent avoir sur leur condition. Donc “À chacun sa cécité, à chacun sa vérité” comme l’indique le tire de Jacques Sémelin.

Marion Chottin fait une étude philosophique des textes. Jacques Lusseyran est titulaire d’une licence et a enseigné cette matière. Il réfléchit ses textes, leur confère une portée générale. Sa vision intérieure ne vient pas nier la cécité et ses souffrances mais lui confère une portée critique et subversive. C’est quoi un aveugle voyant ? Qu’est la vision Intérieure ? Non pas la vision oculaire. Il dit voir sur un écran intérieur ; ni divination. Sa vision intérieure est sensible, elle comporte lumière et couleurs. Ni mémoire, ni imagination ni apparition. Elle vient par voie naturelle, transformant les sensations auditives ou tactiles en perceptions visuelles. Jacques Lusseyran est un synesthète. Il y a probablement des preuves scientifiques de cette vision que Jacques Lusseyran n’explore pas. Elle n’est pas réductible à une expérience poétique mais est un fait de conscience. L’aveugle Jacques Lusseyran voit différemment, d’une façon aussi sensible. Il critique l’oculo-centrisme, primat donné à la vue oculaire, même s’il admet que la perte de la vue oculaire est grave. Mais celle-ci, selon lui, ne donne accès qu’à l’apparence des choses. Alors que la vision intérieure bouleverse le rapport de l’homme aux choses, au monde. On se cogne. Il transporte l’espace en marchant. Cette vision intérieure nécessite une capacité d’attention que les voyants peuvent éprouver aussi, donc ils peuvent aussi accéder à celle-ci. Tous les hommes sont en puissance des synesthètes : ils connaissent cette expérience où de petits signes noirs sur du papier font émerger des personnages et paysages, la lecture. En conclusion, pour Lusseyran se défaire du primat de la vision oculaire, et éduquer comme un tout la sensibilité corporelle supprimerait l’infirmité de la cécité et ouvrirait pour tous sur un rapport non distant et non dominant aux choses et aux êtres.

      Pier Devos, diplômé en philologie romane étudie le « Toucher de la lumière ». La lumière intérieure est le fil conducteur de la pensée de Lusseyran. Chez lui, le moi et le monde se touchent. Le sujet et l’objet se rencontrent, s’ouvrant l’un à l’autre. Il a développé une conception complexe de la lumière en combinant une analyse phénoménologique de sa propre conscience et des théories empruntées aux maîtres spirituels Steiner et Saint-Bonnet.

      Une approche neuro-scientifique nous est présentée par le Professeur Avinoam B. Safran. Il nous explique ce qu’est la synesthésie. Celle-ci est un phénomène perceptif inhabituel, sensation dans une modalité sensorielle par l’activation d’une autre. Elle explique la plasticité intermodale : il y a des zones théoriquement affectées à tel ou tel mode (tactile, vue, ouïe), mais en réalité, les zones servent à plusieurs sens. On le voit sur les IRM cérébrales. Si un mode est lésé, les autres compensent. Safran présente d’abord une étude clinique. Un patient voit apparaitre des étoiles associées au bruit soudain. Un autre voit ses mains quand il les bouge. La synesthésie peut être acquise ou constitutionnelle, innée. Elle peut entraîner une émotion, une impulsion à agir. Elle est involontaire. Elle isole le sujet qui n’ose pas se confier. Les surdoués synesthètes ressentent souvent la synesthésie graphème-couleur : sensation de lettres en couleur.

      Après l’étude clinique, la synesthésie dans l’art : de nombreux peintres sont synesthètes : Carole Steen à New York, Wassily Kandinsky qui voyait des lignes sauvages en écoutant du Wagner, Paul Klee dont la Fugue rouge est exposée à la Cité de la musique.

      Pascal Lusseyran, frère cadet de 8 ans de Jacques, évoque pour commencer l’infâme décret qui a chassé son frère de l’enseignement supérieur. Puis il dit son émotion heureuse : il est reconnaissant pour ce travail de mémoire. Et insiste sur l’importance primordiale de la lumière spirituelle pour expliquer l’œuvre et l’action de son frère. Il termine en évoquant la maison de Juvardeil (20 km au nord d’Angers).

      Henri-Jacques Sticker, anthropologue de l’infirmité, conclut le colloque en essayant de réconcilier l’aveugle voyant plein de lumière et de foi à Buchenwald avec son portrait déconstruit, avec ses ambiguïtés et ses entourloupes. Une belle image lui vient : l’arc-en-ciel, symbole de couleur et d’illusion.

      Hannah Thompson, universitaire déficiente visuelle, ne travaille pas sur Lusseyran, mais est très engagée pour l’accessibilité. Elle fait remarquer la différence des systèmes français et américains. Le premier est très fermé aux déficients visuels : les Powerpoints de ce colloque n’étaient pas lisibles par les aveugles présents. Le système américain lui a permis d’oublier un peu sa cécité, de la réinterpréter. Des questions : Lusseyran parle pour ou contre les aveugles ? un aveugle a-t-il le droit de parler au nom des aveugles ? Existe-t-il une communauté d’aveugles. Il y a en fait des aveugles. Thompson remarque que Lusseyran ne parle presque pas de sa vie quotidienne d’aveugles. Il a été très soutenu par ses femmes dont on n’a pas parlé. Très aidé, il a nié la canne blanche. Il faudrait repenser le statut de l’aveugle engagé. On a beaucoup parlé de réel et imaginaire, ces mots vision ou lumière montre la nature oculo-centrique de la langue et de la société française comme dans leurs homologues anglaises.

Bibliographie

              Lucien DESCAVES, Les emmurés, 1894 ;

              Jules ROMAIN, La Vision extra-rétinienne et le sens paroptique, traité (1920) ;

              Jacques SEMELIN, J’arrive où je suis étranger, Paris, Seuil, 2007 ; Je veux croire au soleil. 2016 ;

              Romain VILLET, Look, Gallimard 2014 ;

Livres de Jacques Lusseyran ;

              Et La lumière fut. La Table Ronde, 1953 ;

              Et la lumière fut (réécrit) Le félin, coll. Résistance, 2005, Folio, 2012 (BNFA) ;

              Le monde commence aujourd’hui. La table ronde, 1959, réédition Silène, 2012, Folio 2016. (BNFA) ;

              La lumière dans les ténèbres, Paris Triades, 2002. (BNFA) ;

              Contre la pollution du moi, Triades, 1992. (BNFA).

 

Liens vers la présentation du colloque et ses enregistrements vidéo :

http://www.singer-polignac.org/en/missions/sciences/colloques/1292-jacques-lusseyran-1924-1971-entre-cecite-et-lumiere-regards-croises

 

Spectacles en audio-description

Comédie-Française - Paris

Le Petit-Maître corrigé de Marivaux.

Mise en scène : Clément Hervieu-Léger.

 

La notion de Petit-Maître peut nous sembler bien étrangère.

 

Si on le caricaturait un peu, c’est ce que l’on appellerait aujourd’hui un fashion addict. L’histoire est celle d’un jeune Parisien à qui ses parents ont trouvé un beau parti. Mais à son arrivée chez eux, le beau garçon ne saurait ouvrir son cœur à sa charmante destinée. Alliance du maître et du valet, complicité de la maîtresse et de la servante, ce chassé-croisé amoureux s’emballe entre conspirations badines et ébullition des sentiments.

Audiodescription : jeudi 12 janvier 2017 à 20 h 30, dimanche 15 janvier 2017 à 14 h, 4 dates à définir selon le 2e calendrier à paraître en janvier 2017.

 

Réservations : 01.44.58.15.09. ou 01.44.58.15.14. ou accessibilite@comedie-française.org

Tarifs : 29 € (catégorie A), 21 € (catégorie B), 11 € (catégorie C) pour la personne aveugle ou malvoyante et son accompagnateur.

Comédie-Française : Place Colette - Paris 1er. Métro 1, 7 / Palais Royal-Musée du Louvre Métro 14 / Pyramides. Bus 21, 27, 39, 48, 67, 68, 69, 81, 95.

Théâtre Jacques Prévert - Paris

Fleur de cactus de Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy.

Mise en scène : Michel Fau.

 

Mentir à sa maîtresse n’est pas toujours une bonne idée. Surtout quand elle décide de rencontrer votre ex-femme imaginaire pour mettre les choses au clair. Heureusement, Julien a une assistante dentaire dévouée. Malheureusement, elle est amoureuse de lui et très susceptible !

 

 

Audiodescription : mercredi 22 février 2017 à 20h30. Durée : 2 h 15. Visite tactile avant la représentation.

 

Réservations : Clara Urosevic au 01.58.03.92.61. ou clara.urosevic@tcprevert.fr

Tarif : 32 € (au lieu de 36 €) pour la personne aveugle ou malvoyante et son accompagnateur.

Théâtre Jacques Prévert : 134, avenue Anatole France - 93600 Aulnay-sous-Bois. RER B / Aulnay-sous-Bois. Navettes gratuites de la gare RER B d’Aulnay-sous-Bois jusqu’au théâtre (18h et 19h45) et à l’issue de la représentation.

Théâtre National de Chaillot - Paris

Le Dernier Testament d’après Le Dernier Testament de Ben Zion Avrohom de James Frey,

Mise en scène Mélanie Laurent.

 

 

« Mélanie Laurent signe sa première mise en scène avec ce spectacle, inspiré des Évangiles, qui évoque un Jésus des temps modernes. Ce héros improbable est surtout le révélateur du monde dans lequel nous vivons, avec ses angoisses, ses aspirations et ses contradictions. Tout au long du spectacle, divers témoignages dressent un portrait de ce héros christique, libertaire et bisexuel, qui se dit opposé à toute religion mais accomplit des miracles. » (Frank Teruel)

 

Audiodescription : vendredi 27 janvier 2017 à 20 h 30, dimanche 29 janvier 2017 à 15 h 30, mardi 31 janvier 2017 à 20 h 30. Durée : 2 h.

Visites tactiles avant les représentations.

 

Réservations : 01.53.65.30.00. Individuels : accessibilite@theatre-chaillot.fr. Groupes : Dominique Ocqueteau, dominique.ocqueteau@theatre-chaillot.fr

Tarifs : de 8 € à 39 € (tarifs soumis à conditions).

Théâtre National de Chaillot : 1 place du Trocadéro - Paris 16e. Métro 6, 9 / Trocadéro.

Hors-les-murs au Théâtre de la Ville – Théâtre des Abbesses : 31 rue des Abbesses - Paris 18e. Métro 12 / Abbesses.

Théâtre des Champs-Élysées - Paris

La Belle-Hélène de Jacques Offenbach, avec les Jeunes Solistes et le chœur de la Maîtrise des Hauts-de-Seine.

 

 

La Maîtrise des Hauts-de-Seine s’approprie ce classique du répertoire en proposant une réduction musicale de l’œuvre permettant aux petits et grands de profiter ensemble de l’Opéra-Bouffe fantaisiste.

Offenbach et ses librettistes se servent des mythes de l’Antiquité grecque à la fois pour parodier les codes du grand opéra romantique et dénoncer les travers de la société du Second Empire. Le compositeur nous entraîne dans un univers d’une irrésistible drôlerie mais aussi d’une grande modernité.

 

Audiodescription : jeudi 23 mars 2017 à 10 h, samedi 25 mars 2017 à 11 h (public scolaire). Durée : 1 h 10.

 

Réservations : Nadine Petit 01.49.52.50.62. ou npetit@theatrechampselysees.fr

Théâtre des Champs-Élysées : 15 avenue Montaigne - Paris 8e. Métro 9 / Alma-Marceau.

Métro 1 / Franklin D. Roosevelt. Bus 42, 63, 72, 80, 92. RER C / Pont de l’Alma.

Théâtre du Rond-Point - Paris

Honneur à Notre Élue de Marie NDiaye, mise en scène Frédéric Bélier-Garcia.

C’est pourquoi il faut réfléchir différemment. Dans une petite ville portuaire, Notre Élue, maire actuelle, s’impose en figure exemplaire de probité. Icône rêvée d’un pouvoir qu’on oserait dire pur. Notre Élue est irréprochable, modèle absolu. Mais l’Opposant, rétamé trois ans plus tôt, guette les élections. Il cherche par quelle faille déstabiliser Notre Élue. Il débusque pour finir le « truc franchement dégueulasse » qui changera la donne. Et le peuple fera son choix.

« Marie NDiaye compose une fable politique, un conte poétique, drôle et cruel, baigné d’un acide à l’élégance rare. » (Pierre Notte)

Audiodescription : vendredi 17 mars 2017 à 21 h, dimanche 19 mars 2017 à 15 h.

 

Réservations : Audrey Lesbarrères 01.44.95.98.16. ou rp@theatredurondpoint.fr

Tarifs : 23 € pour les plus de 30 ans, 12 € pour les moins de 30 ans.

Théâtre du Rond-Point : 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt - Paris 8e. Métro 1, 9 / Franklin D. Roosevelt. Métro 1, 13 / Champs-Élysées Clemenceau.

Théâtre du Capitole - Toulouse

Opéra : Candide de Leonard Bernstein.

Opéra en deux actes sur un livret de Hugh Wheeler d’après l’œuvre éponyme de Voltaire créé le 1er décembre 1956 au Martin Beck Theater, New York.

Nouvelle version de John Caird (version du Royal National Theater, 1998).

Spectacle en langue anglaise surtitré en français

 

Audiodescription : vendredi 3 février à 20 h et dimanche 5 février à 15 h.

 

Réservations : Audrey Lesbarrères 01.44.95.98.16. ou rp@theatredurondpoint.fr

Tarifs : 23 € pour les plus de 30 ans, 12 € pour les moins de 30 ans.

Théâtre du Rond-Point : 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt - Paris 8e. Métro 1, 9 / Franklin D. Roosevelt. Métro 1, 13 / Champs-Élysées Clemenceau.

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LECTURE

LE LIVRE DU MOMENT

« Petit pays » de Gaël Faye - Prix Goncourt des Lycéens, Prix du Roman Fnac et Prix du Premier roman 2016.

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d’Afrique centrale brutalement malmené par l’Histoire.

Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de la citronnelle... L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

 

ÉDITIONS GROS CARACTÈRES

Nouveautés Feryane

« L’arracheuse de dents » de Franz-Olivier Giesbert

Dans sa maison de famille, un professeur retrouve les Mémoires de son aïeule, Lucile Bradsock. Devenue l’une des premières femmes dentistes pendant la Révolution française, cette infatigable séductrice soigne Robespierre aussi bien que le fils du roi, avant de partir en Amérique.

Au fil de ses aventures, Lucile rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou Napoléon, tous décrits sous un jour inattendu. Défendant les opprimés, elle cherche à infléchir le cours de l’Histoire sans oublier de redresser les torts et de faire justice elle-même.

Cette odyssée truculente est un hymne à la joie.

 

« Repose-toi sur moi » de Serge Joncour - Prix Interallié 2016

Aurore est styliste et mère de famille, Ludovic ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils n’ont rien de commun, mais partagent la cour d’un immeuble parisien où des corbeaux ont élu domicile. Elle en a une peur bleue, alors que son voisin saurait, lui, comment s’en débarrasser. Pour cette jeune femme, qui tout à la fois l’intimide et le rebute, il va les tuer. Ce premier pas les conduira sur un chemin périlleux qui, de la complicité à l’égarement amoureux, les éloignera peu à peu de leur raisonnable quotidien.

Serge Joncour signe un grand roman de l’amour et du désordre.

 

« Tu comprendras quand tu seras plus grande » de Virginie Grimaldi

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris.

Au fil des jours, elle découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ?

C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.

 

« La fille dans le rétroviseur » de Linwood Barclay

Ses nuits, Cal Weaver les passe au volant de sa voiture. Un peu pour son boulot de détective privé, mais surtout pour oublier. Que sa vie part à vau-l’eau depuis la mort de son fils, Scott. Oublier aussi cette obsession qui le ronge : Scott s’est-il réellement suicidé, comme le prétend la police ? Ou s’agit-il d’un meurtre ?

Un soir, il prend en stop une adolescente. Quel mal y a-t-il à aider une gamine en détresse ? Quand la police débarque chez lui le lendemain pour lui annoncer la disparition de la jeune fille, Cal comprend qu’il va devoir jouer serré pour sortir vivant de ce panier de crabes...

 

« La Maison du Cap » de Françoise Bourdon

1849. Léonie, fille de modestes résiniers, devient ramasseuse de sangsues. Sa benjamine, Margot, refuse cette existence de labeur et de honte : à elle le choix d’une autre vie. Par amour, un homme bâtira pour elle la Maison du Cap...

Se poursuit au fil des décennies et des tumultes de l’histoire une grande saga d’héroïnes : Charlotte la photographe, Dorothée l’aviatrice, Violette la résistante. Elles perpétuent une lignée de femmes ardentes, pour qui la Maison du Cap demeurera un refuge.

Un tableau captivant du bassin d’Arcachon, terre d’artistes et station balnéaire en vogue.

 

Nouveautés Éditions de La Loupe

« Dieu n’habite pas La Havane » de Yasmina Khadra

Cuba, sur fond de régime autoritaire et corrompu. Don Fuego, dont la voix électrise les cabarets, se retrouve au chômage. à cinquante ans et sans avoir vu venir ce coup dur, il traîne dans les rues de la Havane à la recherche d’un travail lorsqu’il tombe sur Mayensi, une beauté rousse et mystérieuse. Touché par le désespoir de la jeune femme, il l’emmène vivre avec lui chez sa sœur et s’y attache de plus en plus.

« Envoyée spéciale » de Jean Échenoz

Dans la langue parfaite et pleine d’humour qu’on lui connaît, Echenoz prend son lecteur à témoin : un ancien responsable des opérations spéciales décide d’employer Constance, une belle jeune femme en cours de divorce, pour séduire un proche collaborateur du Kim Jong-Un et déstabiliser le régime nord-coréen. Rien que ça ! S’ensuit une série de situations improbables et désopilantes.

 

« Le revers de la médaille » de Olga Lossky

À 26 ans, Pál remporte le concours lancé par la Monnaie de Budapest. Oui, mais en 1939 un juif ne peut gagner ! Pál se voit alors obligé de quitter un amour naissant ainsi que son pays pour tenter de faire reconnaître son talent. En Italie puis en Angleterre, l’homme devient un médailliste que l’on s’arrache mais que la dépression guette. Qu’est devenue sa famille restée en Hongrie ? Il est peut-être temps de le savoir afin d’apaiser les souvenirs.

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QSLD - QUEL SONNET L’ON DÉPOSE

Tout nouveau membre actif au GIAA, je propose d’animer une petite chronique poétique sur le QSLD. Cette énergie vitaminée serait donc représentée sous la forme systématique d’un sonnet, genre de poème de poche, s’appuyant sur le thème développé dans chaque parution de la revue. Je ne dis pas que ma fantaisie ne cherche pas, ici ou là, à satisfaire à quelque caprice obligé en cas d’inspiration trop insoutenable ! Caprice de poète ? Besoin de faire partager des sensations ou des interprétations qui me tiennent à cœur ? Au fond et comme toujours, c’est l’avenir qui sera seul juge ! Enfin, si j’initie une nouvelle rubrique, elle ne saurait en aucune manière être réservée à ma seule personne ! Et si d’autres plumes voulaient quelque jour voltiger sur les colonnes du QSLD, qu’elles se sentent chaleureusement les bienvenues ! Pour ma part, je gage d’ores et déjà qu’un élan ludique maintienne son cap à chaque fois qu’il m’est donné de confectionner un sonnet !

Pour cette première tentative, j’ai donc cherché à positionner un jardinier supposé aveugle dans un décor de nature, puisque le thème retenu était “ aveugle et agriculture. “

Vous souhaitant une bonne lecture à tous, je serais évidemment très attentif à vos avides commentaires.

Gilles Lebreton

 

Dans la boucle de l’hirondelle, un orage s’informe, un jardin se construit (René Char)

Le rêve jardinier

Si c’est le goût d’apprendre au prix d’un long effort,

amender un sol meuble ou bonifier la terre,

qu’en secret, d’une enfance, pousse le sens agraire,

des graines renfermées germeront des trésors !

 

ai-je connu un homme qui n’y voyait pas ;

il bichait son carré encadré d’un bâtis,

sa main, paume en caresse, ajustée à l’outil,

il n’aurait débordé, jamais, d’un demi pas !

 

aussi, tu grandiras, au toucher de ton art,

et si tu sais choisir tes plus fins cultivars,

alors tu traceras ton Eden au cordeau !

 

du tendre des légumes au feu bouillant des fruits,

que le parfum des fleurs se mêle aux chants d’oiseaux,

un miracle s’infuse, au jardin, dans ta nuit !

 

(Gilles Lebreton)

 

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NOS DÉLÉGATIONS

 

GIAA Alsace

14 A rue de Mulhouse - 67100 Strasbourg

Tél. : 03.69.09.22.31

Mail : contact.alsace@giaa.org

 

GIAA Aquitaine

14 rue de la Réole - 33800 Bordeaux

Tél. : 05.56.31.48.48

Mail : contact.aquitaine@giaa.org

 

GIAA Auvergne

35 avenue Franklin Roosevelt

63000 Clermont-Ferrand

Tél. :04.63.79.70.55

Mail : contact.auvergne@giaa.org

 

GIAA Centre

288 Chemin Lucien Bonneau

18100 Mery-sur-Cher

Tél. : 02.48.71.30.36

 

 

GIAA Ile de France

5 avenue Daniel Lesueur

75007 Paris

Tél. : 01.47.34.30.00 – Mail : giaa@giaa.org

 

GIAA Lorraine

BP 23703

54097 Nancy Cedex

Tél. : 03.83.27.70.33

Mail : contact.lorraine@giaa.org

 

GIAA Paca-Corse

Le Placer A - 72 avenue Benoît Malon

83100 Toulon

Tél. : 04.94.36.77.48

Mail : contact.paca-corse@giaa.org

 

GIAA Pays de Loire

109, rue Eblé

49000 Angers

Tél. : 02.41.86.13.25

Mail : contact.paysdeloire@giaa.org

 

 

Services du GIAA

Services audio :

- La bibliothèque = propose près de 9.300 titres enregistrés sur CD DAISY

- Le kiosque sonore = service d’abonnement presse à 30 revues.

- L’enregistrement à la demande

 

Services Braille et gros caractères :

- transcription à la demande de tout document, ouvrages, document professionnel…

- revues jeunesse et adulte

 

La lecture directe :

Le GIAA met en contact la personne aveugle ou malvoyante avec un bénévole voyant. Le rôle du bénévole est d’assister pour la lecture : rechercher puis feuilleter des livres dans une bibliothèque, lire des documents manuscrits ou polycopiés, le courrier…

 

Un Club Emploi :

Le Club Emploi du GIAA propose un accompagnement individuel personnalisé, centré sur la spécificité de la personne déficiente visuelle en situation de recherche d’emploi.

 

Les boutiques du GIAA :

Le GIAA dispose pour ses adhérents de boutiques qui proposent, selon les délégations, des méthodes d’apprentissage du Braille, de matériels pour lire et écrire du Braille ou des gros caractères, et divers produits adaptés qui facilitent la vie quotidienne des aveugles et malvoyants (loupes, montres,...).

 

Sections du GIAA

- Amitiés Pouget : regroupe des prêtres, diacres, religieux et religieuses malvoyants ou non voyants. Ils publient la « lettre d'Ananie ».

 

- GPEAA (Groupement des Professeurs et Éducateurs d'Aveugles et Amblyopes) : groupe de professeurs et éducateurs, acteurs sociaux, parents qui travaillent ou vivent pour/avec des personnes aveugles ou malvoyantes. Ils organisent les journées pédagogiques.

 

- Views France : concerne les jeunes malvoyants et non-voyants qui souhaitent faire des échanges et organiser des voyages en Europe.

 

 

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OURS

 

Revue du Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes (GIAA)

Revue trimestrielle

5, avenue Daniel Lesueur - 75007 Paris - Téléphone : 01.47.34.30.00.

Site internet : www.giaa.org / Courriel : giaa@giaa.org

Directrice de la publication : Marie-Renée HECTOR

Comité de rédaction : Bertrand Bontoux, Florence Colzy, Inès Duhesme, Marie-Renée Hector, Stéphanie Zoccola

Mise en page : Stéphanie Zoccola

Coordination transcription supports adaptés : Stéphane Guasson

Abonnements : GIAA

IMPRESSION GIAA

ISSN : 1772-4031