Qu'on se le dise : avril - mai - juin 2012, numéro 12.

SOMMAIRE

ÉDITO

ACTU

Matisse et Richter, au Centre Pompidou - Visites adaptées

Le GIAA présent au Salon Autonomic de Paris du 13 au 15 juin prochain

6ème Forum Européen de l’accessibilité numérique le 26 mars 2012

UNIVERSCIENCE

La Marche pour la Vue 2012 – Programme des randonnées.

DOSSIER : Lire Autrement

Lire, mais lire quoi ?

Comment accéder un peu mieux à la lecture et à l’audiovisuel ?

Un livre, c’est aussi une œuvre, voire une œuvre d’art

ACCELIBREINFO - Un œil nouveau sur l'info

BrailleTouch : écrire en braille sur son smartphone

LA VIE DU GIAA

Le GIAA sur le Stand des Éditions Adaptées, retour sur notre participation au Salon du Livre 2012

Commission des Techniques Professionnelles 28 janvier 2012

Méthode Tomatis : Rééducation de l’écoute

En route avec Mobile En ville

Inauguration de la bibliothèque numérique francophone accessible – BNFA

Rendez-vous à ne pas manquer

CULTURE

Bibliothèque numérique mondiale pour les aveugles

Sommeil : le syndrome du libre-cours

Éric Brun-Sanglard, architecte d’intérieur aveugle

Visite au musée du quai Branly : rivière et plans tactiles

LOISIRS

Exposition « Radio, ouvrez grand vos oreilles »

Musée Européen de la bière

L’écomusée du Mont Lozère (Pont-de-Montvert, Lozère) désormais accessible

Accès Culture : spectacles adaptés

L’Amour des 3 oranges

LECTURES

Le Turquetto

Braille et Culture - Guide Céci’T – Tourisme adapté

L’Œil et l’esprit

COURRIER DES LECTEURS

Félicitations

Appel à témoignage*

Le Petit Prince au bout des doigts

NDLR

DERNIÈRE MINUTE

Le GIAA et la course des Héros à Paris

 

 

ÉDITO

Portrait de la Présidente du GIAA, Marie de Saint Blanquat.

 

Chers Membres, chers Amis,

Nous sommes au garde à vous pour entamer ce 2ème trimestre qui devrait finir en beauté avec l’Assemblée générale de notre association : celle-ci se tiendra le 23 juin dans l’après-midi à l’INJA - Institut National des Jeunes Aveugles (Paris 7ème).

Avant cela, la délégation de Lorraine aura tenu son A.G. le 16 juin, la Commission des Techniques Professionnelles se sera réunie dans les locaux du Siège le 2 juin et un Conseil d’administration, réuni le 12 mai, aura approuvé les comptes de l’année 2011.

Dans un autre registre, non moins intéressant, la BNFA - Bibliothèque Numérique Francophone Accessible - a été lancée officiellement le 19 mars dans le cadre du Salon du Livre de Paris : vous pourrez lire quelques lignes à son sujet dans cette édition du QSLD, mais je tiens à saluer les initiatives, le travail et la rencontre de trois associations pour élaborer cette plate-forme de téléchargement qui ouvrira aux abonnés, de ces trois associations, les catalogues des deux autres.

Après la mention des moments qui vont baliser le trimestre à venir, quelques mots sur le présent numéro : un dossier à deux têtes, l’accès à une informatique de pointe et l’accès à la lecture - ce sont les 2 principales entrées vers la culture pour les déficients visuels. De plus, vous y trouverez les habituelles informations sur la Vie du GIAA. Toutes régions confondues, et nos rubriques Culture, Loisirs, Lectures, etc.

Vous lirez que l’on peut être architecte et aveugle, que les spectacles adaptés font l’objet d’une formidable décentralisation, que les musées rivalisent d’astuces et même que la gestion des troubles du sommeil progresse grâce à l’expérience acquise auprès des non voyants. Et je ne résiste pas à vous annoncer une surprise, comme disent les enfants : notre prochain QSLD - celui de la rentrée - fera état du magnifique travail accompli pour la mise en accessibilité de la cathédrale de Reims.

Chers amis, j’espère que vous aurez intérêt et plaisir à lire cette édition. Vous savez que nous restons à votre écoute. Recevez tous les souhaits du Comité de rédaction pour que vos familles et vous-même passent un bel été.

Je vous apporte une triste nouvelle : Colette Marsan, qui a signé le bon à tirer de ce numéro il y a quelques jours, est décédée dans son sommeil lundi dernier, vaincue, malgré son courage et son énergie, par "une longue maladie". Le GIAA exprime dès aujourd'hui toute sa reconnaissance pour la transformation remarquable que Colette a apportée au QSLD. Par ma plume, nous adressons tous nos bien sincères condoléances à sa famille.

 

Bien cordialement,

Marie de Saint-Blanquat

 

Revue de l’Association des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes (GIAA) - Revue trimestrielle.

5, avenue Daniel Lesueur - 75007 Paris - Téléphone : 01.47.34.30.00 - Site internet : www.giaa.org Courriel : giaa@giaa.org

Directrice de la publication : Marie de Saint-Blanquat

Rédacteur en chef : Colette Marsan

Comité de rédaction : Paul Allard, Alain Masson, Alain Rousseau, Nathalie Sassier.

Coordination graphique : Nathalie Sassier

Coordination transcription supports adaptés : Stéphane Guasson

Corrections typographie : Sophie Cherreau, Nathalie Sassier

Abonnements : GIAA - IMPRESSION GIAA - ISSN : 1772-4031

SOMMAIRE

 

ACTU

Matisse et Richter, au Centre Pompidou - Visites adaptées 

Nelly DAENEN - stagiaire auprès de Nathalie Hessel

SAMEDI 12 MAI

10 h Exposition Matisse : Paires et séries

À travers une sélection de chefs d’œuvre de l’artiste, l’exposition éclaire un aspect singulier de son art : l’exploration répétitive d’un même sujet, d’un même motif. Par paires ou par séries, les variations de cadre, de dessins, de touches, de couleurs, constituent un des traits réguliers de son travail de 1899 à 1952. Face à ces couples et à ces digressions, c’est toute l’œuvre de Matisse qu’il est ainsi permis de saisir, avec ses ruptures, ses revirements et ses conquêtes.

SAMEDI 9 JUIN

10 h Exposition Richter

La rétrospective consacrée au peintre allemand Gerhard Richter rend hommage à l’un des plus importants artistes vivants. Elle retrace l’ensemble de son œuvre des années 1960 à aujourd’hui. L’exposition montre son travail sur le gris, le miroir, le verre ou encore des œuvres intimistes. De plus, elle met en lumière l’extrême tension entre abstraction et figuration.

4,50 €, gratuit pour un accompagnateur

Conférencier : Ronan Legrand

Service développement des publics - Pôle accessibilité

Nathalie Hessel : 01.44.78.49.42

Nelly DAENEN : 01.44.78.41.08

 

Le GIAA présent au Salon Autonomic de Paris du 13 au 15 juin prochain

Le salon de référence des acteurs du handicap, de la dépendance et de l’accessibilité ouvrira ses portes du 13 au 15 juin 2012 au Parc des Expositions Porte de Versailles - Hall 4.

Logo du Salon Autonomic Paris
13-14-15 juin 2012

Rendez-vous incontournable pour les professionnels du secteur mais aussi le grand public. Cette 12ème édition du salon Autonomic Paris sera une nouvelle fois l’occasion de présenter les services proposés par le GIAA aux personnes aveugles ou malvoyantes.

Le stand du GIAA (D 91) sera partagé avec l’association Braillenet afin de mettre en avant le projet BNFA, la Bibliothèque Numérique Francophone Accessible (dont vous trouverez le détail dans un autre article de cette même revue).

Nous vous attendons nombreux pour ce nouveau rendez-vous Porte de Versailles !

Informations pratiques

- Entrée gratuite ;

- Dates : du mercredi 13 juin au vendredi 15 juin 2012 ;

- Lieu : Parc des expositions de Porte de Versailles - Pavillon 4.

Horaires d'ouverture

Mercredi 13 juin de 9 h 30 à 18 h 30 ;

Jeudi 14 juin de 9 h 30 à 19 h 30 ;

Vendredi 15 juin de 9 h 30 à 17 h 30.

Manifestation entièrement accessible : prêt de fauteuils roulants, toilettes adaptées, service d'accompagnement (auxiliaire de vie, restauration, antenne médicale, accueil spécialisé pour déficients sensoriels, Parking PMR).

 

6ème Forum Européen de l’accessibilité numérique le 26 mars 2012

Photographie d'un panneau d'indication de direction en Corse. Le panneau est illisible par la présence de nombreux trous de balle.
La légende : "Afin de faciliter la circulation sur l'île aux conducteurs malvoyants, la Corse innove en installant une signalisation en braille."

« Tout va bien si on a le bras assez long pour toucher les lettres en braille ! »

 

Le 6ème Forum Européen de l'Accessibilité Numérique vient de se dérouler à la Cité des Sciences de Paris.

UNIVERSCIENCE

Stages gratuits de « Dessin en relief et communication graphique »

À la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris, et au Louvre des stages gratuits sur 4 niveaux de deux jours sont proposés sur l’approche de la lecture tactile.

Ils s’adressent à toutes personnes handicapées visuelles adultes (aucun pré-requis n’est nécessaire) ainsi qu’aux accompagnateurs voyants intéressés.

Deux sessions de stage sur trois niveaux et un stage de quatrième niveau sont proposés :

Niveau 1 : Ce stage a déjà eu lieu ;

Niveau 2 : Les représentations du corps humain à travers les âges et l’histoire de l’art : les lundis et mardis 14 et 15 mai ou 4 et 5 juin 2012 (au choix) ;

Niveau 3 : Les représentations des expressions de visage humain réel et artistique : les lundis et mardis 11 et 12 juin, ou les 25 et 26 juin 2012 (au choix) ;

Niveau 4 : Atelier de dessin et de modelage ou chaque stagiaire exécute les démarches de représentation en 2 et 3 dimensions : le lundi 2 et le mardi 3 juillet 2012.

Information et inscription :

Hoëlle Corvest : 01.40.05.75.35

hoelle.corvestmorel@universcience.fr

La Marche pour la Vue 2012 – Programme des randonnées.

L’IRRP (Information Recherche Rétinite Pigmentaire dont Arielle Dumas est la présidente) organise la « Marche pour la Vue 2012 » le dimanche 1er juillet 2012 à Bessèges (30160) à l’Espace Jacques Frizon dans le Gard.

Organisée avec l’aide de clubs de randonneurs locaux, elle propose trois randonnées de taille et de difficultés différentes :

« La balade au fil de l’eau », circuit balisé de 5 km ne présentant aucune difficulté.

« Le sentier d'interprétation du Montgrillet » - randonnée de 6 km, dénivelé d'environ 200 m - durée 3 h. Jalonné d’ouvrages en pierres sèches, ce circuit comporte quelques passages délicats dans des éboulements mais reste accessible à toute personne ayant déjà pratiqué la randonnée pédestre. Départ différé de 3 km, en véhicule personnel.

« Du Pont des Piles à la tour de Castillon » - randonnée de 10 km, sur un sentier bien adapté, d'environ 250 m de dénivelé.

Toutes sont accessibles aux personnes déficientes visuelles ayant déjà pratiqué la randonnée pédestre, en fonction de leur endurance.

« PARTICIPER C'EST FAIRE AVANCER LA RECHERCHE », Arielle Dumas, Présidente.

SOMMAIRE

 

 

DOSSIER : Lire Autrement

Lire, mais lire quoi ?

Colette Marsan – Rédactrice en chef du QSLD

 

Le goût de lire existe. Encore faut-il parfois l’aider à s’épanouir en offrant, à ceux qui ne peuvent pas facilement faire leur choix eux-mêmes les moyens de disposer d’ouvrages de qualité. Aveugle ou voyant, nous ne sommes pas tout le temps dans une gare en train d’acheter le petit truc qui fera passer plus vite le voyage et que, d’ailleurs, nous abandonnerons sur notre siège à l’arrivée. Sylvain Nivard nous dit ici le bien et le moins bien de la lecture et de l’audiovisuel disponibles aujourd’hui et Alban du Cosquer nous explique le pourquoi de ses choix éditoriaux « haut de gamme ».

La référence au numérique devient incontournable. Oui, certes, mais il en faut pour tous les goûts, tous les niveaux de compétence en informatique, tous les niveaux de malvoyance… Cela va du gadget style BrailleTouch, peut-être mieux qu’un gadget d’ailleurs, à l’article un peu moins limpide, du sur mesure informatique, proposé par Jean-Philippe Mingual à qui nous avons demandé son texte après le succès remporté lors de sa conférence à notre délégation de Lorraine.

Tous, non voyants ou malvoyants, savent de quoi ils parlent et de quoi ils ont besoin. Qu’ils soient remerciés pour leur contribution à ce QSLD. Et ceux qui trouveraient ce dossier trop aride pourront « sauter » d’emblée vers des chemins moins arides, aux Loisirs ou au Courrier des Lecteurs et ne pas hésiter à nous proposer des thèmes davantage à leur convenance.

Comment accéder un peu mieux à la lecture et à l’audiovisuel ?

Sylvain Nivard - Président de la commission culture de la CFPSAA

 

L’accès à la culture est un domaine vaste. On pourrait parler de l’accès aux pratiques culturelles. Par exemple, l’accès à la pratique de la musique ou bien l’accès à la pratique de la danse. On pourrait aussi parler de l’accès aux œuvres culturelles avec, par exemple, l’accès aux collections des musées, ou bien l’accès aux pièces de théâtre. Dans le cadre de sa commission culture, la CFPSAA couvre ou devrait couvrir l’ensemble de ces domaines et agit pour rendre la culture plus accessible aux aveugles et aux malvoyants. Cependant, depuis quelques années, ayant des moyens limités, la CFPSAA a concentré l’essentiel de ses efforts sur deux sujets majeurs que sont l’accès au livre et l’accès à l’audiovisuel. Car ce sont les deux sujets sur lesquels il y a eu des changements majeurs, et il convenait d’accompagner et d’influer sur ces changements.

L’accès au livre.

Une des principales conséquences du handicap visuel est l’incapacité à pouvoir lire les livres, la presse, les ouvrages scolaires ou universitaires et, d’une manière générale, la multitude d’informations quotidiennement offertes aux voyants. Grâce à certaines associations et au dévouement de centaines de bénévoles, des ouvrages sont adaptés en braille, en gros caractères ou font l'objet d'enregistrements sonores. C’est ce que l’on appelle l’édition adaptée. Mais, malgré le travail acharné de ces associations, faute de moyens, chaque année, on adapte en France 3000 ou 4000 ouvrages alors qu'environ 50 000 sont dans le même temps édités et proposés aux voyants.

Aucun quotidien n'est adapté.

Du côté de la presse, la situation n’est pas meilleure puisque pratiquement aucun quotidien n’est adapté, pour quelques magazines mensuels ou hebdomadaires qui le sont. Autant dire que, dans le domaine de l’accès à l’écrit, on gère la pénurie. Heureusement, pour ceux qui savent utiliser l’informatique, les possibilités sont plus vastes et, par exemple, grâce à Internet, on peut maintenant accéder à une bonne partie de la presse quotidienne. Mais on dit souvent que 60% des déficients visuels ont plus de 60 ans, et donc ne sont pas à l’aise avec l’informatique. D’où la nécessité de développer l’édition adaptée et de faire sauter ce goulet d’étranglement qui limite ses capacités de production à quelques milliers d’ouvrages par an.

C’est l’objectif de l’exception aux droits d’auteur et de l’accès aux fichiers sources, qui a été votée par le législateur dans la loi du 1er août 2006 sur les droits d’auteurs. En 2003, il y avait eu une directive européenne qui suggérait aux États membres d’instaurer une exception aux droits d’auteurs pour l’édition adaptée. En effet, jusque-là, avant d’adapter un ouvrage, une association ou un organisme d’adaptation devait demander la permission à l’éditeur. Cette dernière était rarement refusée, mais il fallait attendre de longues semaines pour l’obtenir, gérer les demandes et les relances éventuelles. D’où une importante charge administrative pour les associations consciencieuses, et une situation d’illégalité pour les autres.

Le gouvernement français souhaitait transposer dans le droit français cette directive pour instaurer une exception aux droits d’auteurs et ainsi éviter aux associations toute cette charge de gestion des droits. Consultée sur ce sujet, la CFPSAA a alors été force de proposition et a suggéré que non seulement les associations n’aient plus à demander aux éditeurs la permission d’adapter un ouvrage, mais aussi qu’elles puissent demander à l’éditeur le fichier source qui a servi à l’imprimer. Les éditeurs, qui étaient déjà effrayés à l’idée d’accepter une exception qui risquait d’en entraîner d’autres, se sont montrés d’abord très hostiles à l’idée de voir circuler dans la nature leurs fichiers sources.

Il a fallu de longues années de pédagogie et de négociations pour leur expliquer comment travaillent les organismes d’adaptation. En effet, jusque-là, avant d’adapter un ouvrage, il fallait souvent le scanner, page après page, puis corriger à l’écran les erreurs de numérisation avant de pouvoir travailler à l’adaptation proprement dite, c'est-à-dire à la transformation d’un fichier en un format « bon à imprimer en braille » ou « bon à être enregistré en sonore ». Après trois années de discussions avec le ministère de la Culture, les députés et le Syndicat national de l’édition, le principe a été admis et la loi a pu être votée en août 2006. Il a fallu encore trois années de palabres pour pouvoir s’accorder sur les modalités qui ont conduit à un décret d’application publié en décembre 2009.

Une commission « Exception handicap ».

Ces modalités prévoient qu’un organisme qui souhaite bénéficier de l’exception aux droits d’auteurs doit présenter une demande d’agrément à une commission.

Cette commission « Exception handicap » est composée pour moitié de représentants des associations de personnes handicapées, dont la CFPSAA, et pour moitié de représentants des éditeurs. Cette commission émet un avis qui permet au gouvernement d’agréer ou non l’organisme demandeur. Si un organisme agréé pour l’exception aux droits d’auteurs le souhaite, il peut aussi demander un agrément de second niveau pour avoir non seulement le bénéfice de l’exception, mais aussi la possibilité de demander aux éditeurs leurs fichiers sources. Il faut alors que l’organisme en question démontre le sérieux de son organisation et de son installation informatique afin de rassurer les membres de la Commission sur le risque de voir un jour des fichiers sources se propager sur Internet. Les associations qui ont l’agrément fichiers sources peuvent alors demander, via le service baptisé Platon de la Bibliothèque nationale, à recevoir le fichier source des ouvrages qu’elles souhaitent adapter. Si l’ouvrage est récent et qu’il a fait l’objet d’un dépôt légal de moins de deux ans, alors l’éditeur est obligé de fournir ce fichier source.

Depuis l’ouverture en juin 2010 de ce service Platon, ce sont environ 4000 fichiers sources qui ont été demandés aux éditeurs. C’est un résultat très encourageant, même si les fichiers obtenus ne sont pas encore toujours dans des formats facilement exploitables par les associations. Il nous reste encore de la pédagogie à faire auprès des éditeurs pour les sensibiliser au sujet. Cependant, grâce à ce dispositif, l’objectif de faire sauter le goulet d’étranglement de l’édition adaptée est en vue, et nous espérons avoir dans les années qui viennent 10 000 ou 20 000 ouvrages adaptés chaque année.

L’accès à l’audiovisuel.

Ce Chapitre a été volontairement extrait de ce long article pour être reporté dans notre QSLD suivant (QSDL 13) dont le Dossier sera consacré aux Lectures Sonores.

Extrait de « L’accessibilité, pas si compliqué : mieux comprendre pour oser s’engager ! », revue Comme les Autres, N°189, 3ème trimestre 2011, avec l’accord de l’ANPEAA et de l’auteur.

 

Contact :

Sylvain Nivard Tél : 01.58.75.33.62

Courriel : nivard@fr.ibm.com

Un livre, c’est aussi une œuvre, voire une œuvre d’art

Alban du Cosquer - Directeur des Éditions de La Loupe

Je viens de lire une recension de livres qui se terminait ainsi : « Un très bon livre mais, compte-tenu du nombre de pages (moins de 200), il ne vaut pas son prix de 15 euros ».

Illustration de la couverture du livre "Deux petits pas sur le sable mouillé" d'Anne-Dauphine JULLIAND.
Une petite fille en robe marche sur le sable humide d'une plage.

 

Commencer un article par une considération économique peut sembler inopportun, mais, voilà : un livre, au même titre qu’un tableau du monde de l’art non conceptuel, n’est pas seulement un produit économique mais aussi une œuvre, voire une œuvre d’art, dont le prix n’est pas établi en fonction du poids ni de la surface. Un petit format d’un grand peintre vaut plus qu’une croûte lourdement encadrée, reproduite et présentée sur la planète entière dans les rayons d’une grande surface de bricolage.

Il en va de même pour la littérature et, si je commence ainsi alors qu’on me demande de parler de nos livres en grands caractères, c’est bien pour évoquer, non seulement la partie technique de notre métier qui ne nécessite pas beaucoup de dessins, mais plus encore nos choix littéraires capables de déterminer une ligne éditoriale cohérente, qualitative et large.

La demande et l’offre en grands caractères sont très largement orientées vers le roman contemporain et surtout la littérature de terroir. Notamment à la campagne où nos Anciens vivent avec une certaine nostalgie du passé, d’un passé relativement proche quand on imagine que certains d’entre eux ont connu l’arrivée de l’électricité. À cette demande de terroir donc, les catalogues des éditeurs de notre spécialité répondent avec complaisance et abondance. Mais est-ce vraiment la seule demande ?

À la création de nos éditions, en 2003, il n’y a quasiment pas de documents (récits, biographies, histoire, essais, témoignages…) à être édités en grands caractères. À cette lacune, correspond notre désir d’éditer des livres dans tous les domaines littéraires et choisis pour leur qualité, peut-être même leur côté résolument positif. Prenons les témoignages comme exemple, quoi de plus positif qu’un livre comme « Deux petits pas sur le sable mouillé », livre dans lequel l’auteur témoigne de sa vie de famille avec une enfant atteinte de maladie grave, à l’issue fatale. À priori, je ne voulais absolument pas lire ce livre mais… il renferme tant de sagesse, de bonté ; tant d’amis m’ont conseillé d’en acheter les droits pour notre spécialité que j’ai fini par le lire et, bien-sûr, par l’éditer. De même, avec « La couleur des sentiments », gros roman, trop gros pour le grand caractère ; c’est quasiment notre meilleure vente de l’année et c’est un « long seller ». Il traite des lois raciales aux États-Unis ; on est loin du terroir franco-français un brin nostalgique.

Enfin, nous aimons particulièrement fouiner chez tous les éditeurs, petits ou gros, et dénicher des livres qui n’ont pas eu grande presse, afin de dessiner une ligne originale de la littérature contemporaine et sortir des sentiers battus par les étals des Relais de Presse qui exhibent, autant que certain grand libraire de Paris ou le rayon Livres des supermarchés, les noms des livres du Top 20 de LH dans un ordre parfait. Et, de temps en temps, on aime à dénicher un titre du XIXème siècle comme Les naufragés des Auckland extraordinaire récit d’aventure qui ravira autant les adolescents que nos aînés normalement les plus sages !

Bref, pour éditer 45 à 50 livres dans l’année, nous en lisons beaucoup, avec passion et avec le souci de satisfaire une clientèle de bibliothèques et de particuliers (par Internet essentiellement pour ces derniers) détentrice de plus de 250 000 de nos livres. Notre catalogue comporte 400 titres, quasiment tous disponibles et visibles sur www.editionsdelaloupe.com.

 

Contact :

Alban du Cosquer – Directeur des Éditions de la loupe

Métairie de la Lande - 44350 Guérande

Tél : 04.78.47.27.02 - Site : www.editionsdelaloupe.com

ACCELIBREINFO - Un œil nouveau sur l'info

Jean-Philippe Mengual

Accelibreinfo est l'œuvre d'un auto-entrepreneur créée en avril 2011. Elle tire son originalité de ma passion pour l'informatique et ma compréhension que celle-ci pouvait devenir une expertise à mettre au service de l'intérêt public et permettant de proposer une alternative à l'existant.

L’objectif est de permettre l’aménagement d’un poste de travail afin de garantir son accessibilité parfaite aux personnes déficientes visuelles. La spécificité des services proposés est qu'ils s'appuient sur des logiciels libres (qu'il s'agisse de lecteurs d'écran ou du système d'exploitation). Cette caractéristique permet à un utilisateur non-voyant ou mal-voyant (ou à ceux avec lesquels il travaille) de réduire le coût de la mise en accessibilité de son poste de travail, ce qui lui permet de se consacrer à la formation à l'usage de sa machine ou à l'amélioration des outils.

Le principe

L'objectif de fond reste de placer la personne déficiente visuelle au centre de l'informatique adaptée pour qu’elle en tire toute sa richesse et ses apports dans de bonnes conditions financières et matérielles. Les personnes qui pourraient être intéressées sont les parents d'enfants déficients visuels, les personnes devenues déficientes visuelles récemment ou disposant d'outils obsolètes mais sans moyen financier suffisant pour renouveler ou acquérir les logiciels commerciaux. Les entreprises souhaitant donner la priorité au capital humain peuvent aussi chercher les services d'accelibreinfo.

Ci-après, nous analysons successivement les apports techniques du logiciel libre, puis ses apports au plan humain.

Apports techniques

Au départ, une situation complexe. Le prix des logiciels traditionnels est excessif ; il dissuade les entreprises d'embaucher. Il ralentit le délai de réintégration à cause du temps nécessaire à l'obtention d'une aide. Il est abusif : le double de celui appliqué en Amérique du Nord. Il est insoutenable pour des budgets territoriaux et publics en baisse.

L'évolution des logiciels est payante toutes les 3 mises à jour (or l'informatique est de plus en plus vite obsolète, environ tous les 2 ans). En outre, une seule entreprise en a le monopole. Ce monopole conduit à des abus (les fabricants d'afficheurs braille doivent payer pour voir leur pilote intégré à JAWS). Et cette évolution est rigide du fait de la faible portabilité du logiciel (Jaws, ZoomText, autre, complexité des clés, des licences, notamment en cas de virus, de formatage).

Les solutions libres sont intéressantes au plan technique malgré quelques limites. Sous Windows, NVDA remplace JAWS. Performant en vocal, moins en braille. Il permet d'effectuer toutes les tâches de base. Hors Windows, on peut installer GNU/Linux : un système d'exploitation accompagné de près de 30 000 logiciels faciles à installer. GNU/Linux s'intègre à un réseau Windows. Il offre un lecteur d'écran équivalent à NVDA et à Jaws (Orca), avec fonctions loupe, braille, vocal. Il permet de tout faire : mail, courrier, Internet, multimédia, transcription (Natbraille). Il embarque la plupart des pilotes matériels. Il peut être installé par une personne déficiente visuelle de manière autonome.

Il y a en effet quelques limites : les logiciels de reconnaissance de caractères ou OCR (Optical Character Reader), jeux, ne supportent aucun logiciel Windows (ce qui est ennuyeux pour gérer des appareils comme le Trekker, GPS de HumanWare). Mais, en compensation, Windows (avec NVDA) et GNU/Linux (avec Orca) peuvent cohabiter, voire l'un peut tourner dans l'autre. Windows peut ainsi être utilisé pour satisfaire les quelques lacunes de GNU/Linux. Mais la liberté de l'utilisateur n’est limitée que par sa compétence. L'utilisateur peut faire évoluer, améliorer, retoucher le logiciel par un expert (rajout table braille, etc.). Il bénéficie d'une gratuité du logiciel. Il s'appuie sur une communauté puissante et réactive. L'utilisateur est donc systématiquement au centre de la démarche, dans une logique humaine.

Le logiciel libre n’est pas adapté à tout : il n’est pas bon pour les jeux vidéos, sauf ceux DeVINT (Polytech à Sofia Antipolis) ou jeux en mode texte. Il est incompatible avec les applications professionnelles Ciel (comptabilité), Amadeus. Aucun logiciel Windows ne s'exécute directement sous GNU/Linux. Il a, par contre, des équivalents et peut lire des données de Windows (mails, fichiers pdf, Word, etc.). En comptabilité, on a des équivalents. Si une application n'a pas d'interface Web, son fonctionnement sous GNU/Linux est compliqué.

La communauté des développeurs, le plus souvent des bénévoles, mais pas toujours est foisonnante, inégale, complexe. Windows est vendu avec les machines, donc vouloir faire autre chose exige d'installer un système, ce qui n'est pas à la portée de tous. Cette installation exige un temps d'apprentissage, de recherche, a priori incompatible pour des gens non passionnés.

Apports humains

La limite des apports techniques du logiciel libre laisse la place à des acteurs humains : les palliatifs d'accelibreinfo. En particulier un guichet unique et une logique antiVRP (Voyageurs Représentants Placiers).

Un guichet unique : accelibreinfo est intermédiaire entre la communauté et l’utilisateur. Le second signale ses soucis, ses besoins, ses souhaits ; je traite avec la communauté les corrections, contournements, développements.

Une logique anti VRP (Voyageurs Représentants Placiers) est exclusivement humaine offrant :

un service personnalisé : une consultation permet d'établir avec franchise si, oui ou non, le libre accès s'adapte à une situation donnée. Si elle s'avère erronée, le client est remboursé ;

une logique de recyclage : si possible, on ne demande pas à l'utilisateur de tout racheter. Pour diminuer les coûts, on ne change que ce qui doit l'être et on allège le système pour l'adapter aux besoins. Dans tous les cas, si l'utilisateur n'en veut pas, il peut acheter une machine sans Windows ;

un ordinateur prêt à porter : accelibreinfo livre un système aussi facile à prendre en main qu'une machine Windows livrée par un commerçant en matériel adapté. Tout le lissage, les contournements, a été fait ;

formation : la gratuité du logiciel libère des fonds pour la formation. 10 heures suffisent à former aux bases ; 20 heures à gérer le système de manière plus approfondie ; davantage pour des tâches complexes ;

suivi : par la prestation d'assistance car l'utilisateur peut toujours joindre son formateur/prestataire si un problème survient.

Projets

Accelibreinfo ambitionne de rénover la prestation de service en informatique adaptée aux personnes déficientes visuelles. Les circuits traditionnels sont dégradés, inadaptés, voire scandaleux. Accelibreinfo entend rétablir un véritable service, guidé par autre chose que le lucratif et l'enrichissement aux dépens d'autrui ou la vente forcée sur un marché esclave.

 

Contact :

Jean-Philippe Mengual

Tél. 06.76.34.93.37 – http://www.accelibreinfo.eu

 

BrailleTouch : écrire en braille sur son smartphone

Publié par Audrey Oeillet, le mardi 21 février 2012 - Internet

Des chercheurs de l'université américaine de Georgia Tech développent actuellement une application pour smartphone, destinée à permettre aux malvoyants et non-voyants d'écrire en braille sur leur terminal.

BrailleTouch, l’appli pour écrire en braille sur iPhone.
Un téléphone portable affiche l'application : 3 grosses pastilles bleues de chaque côté de l'écran dans sa largeur. Tenu à deux mains dans la largueur, le dos du téléphone côté utilisateur, les 3 doigts de chaque main pianotent sur les pastilles bleues pour écrire en braille.

Baptisée BrailleTouch, l'application présente une ergonomie spécifique. L'application BrailleTouch affiche 6 touches tactiles sur lesquelles l'utilisateur forme des lettres en braille. Un message vocal vient systématiquement confirmer la lettre sélectionnée, qu’il peut ensuite intégrer au mot qu'il compose. Le terminal doit être tenu horizontalement, écran en avant, pour que l'application fonctionne.

Selon ses créateurs, BrailleTouch a un réel potentiel : les tests auprès de personnes malvoyantes ont démontré que celles-ci pouvaient écrire 32 mots à la minute avec 92% d'exactitude, un score 6 fois plus élevé qu'avec d'autres solutions. Une façon efficace de permettre aux non voyants et malvoyants de rédiger des mails ou des SMS par le biais d'un smartphone, sans passer par un clavier spécifique. On ne sait pas encore quand cette application sera disponible.

On imagine à quel point cette technologie pourrait rendre service aux personnes déficientes visuelles : faire des recherches sur le net facilement, utiliser les livres numériques qui proposent d’expliquer un mot dans un dictionnaire ou encore partager des passages avec des personnes voyantes.

 

Pour en savoir plus aller sur le site : Clubic.com

SOMMAIRE

 

LA VIE DU GIAA

Le GIAA sur le Stand des Éditions Adaptées, retour sur notre participation au Salon du Livre 2012

Nathalie Sassier – Chargée de communication GIAA

Ni le temps, ni la période électorale, traditionnellement défavorable au livre, n’ont entamé l’intérêt et l’engouement pour le Salon du livre de Paris cette année. D’après les estimations de l’organisation, 190 000 visiteurs ont arpenté les moquettes rouges des allées du Salon, soit 5 % de plus que l’an dernier.

Tous ne se sont pas rendus sur le stand des Éditions Adaptés du Ministère de la Culture et de la Communication mais on notera tout de même une plus grande sollicitation du public pour obtenir renseignements et autres explications sur l’édition adaptée.

Des visites aux objectifs variés

Recherche d’information

Des personnes déficientes visuelles se sont déplacées sur le Salon du Livre. Elles venaient chercher de l’information sur les éditions adaptées et connaître ce qui était diffusé au format audio par les grandes maisons d’éditions. À côté de cette démarche de recherche d’informations directe, il y avait les personnes qui étaient intriguées par notre présence. Au-delà du questionnement (pourquoi, comment…), elles profitaient de l’occasion pour prendre des documents pour les personnes de leur entourage. Il y a également eu des auteurs indépendants qui se sont renseignés pour faire de la transcription en braille de leur ouvrage.

Proposition de service

Différents auteurs, voix off se sont arrêtés sur notre stand pour en savoir un peu plus sur les éditions adaptées disponibles, les techniques et ainsi proposer leurs services.

Demande spécifique

Des personnes malvoyantes, ou des personnes de leur entourage, ont également posé des questions sur des services bien précis. Ainsi, nous avons eu des demandes pour la Librairie Sonore et le Kiosque Sonore, l’offre découverte pour la revue Je Lis Déjà, pour le Club Emploi et pour le service de Lecture Directe.

Proposition de bénévolat

Le Salon du Livre attire les passionnés de lecture. Ces mêmes passionnés se retrouvent parmi nos lecteurs du service des Éditions Sonores. Ainsi, ce salon est un lieu idéal pour recruter des bénévoles lecteurs. Le prouvent les quelques candidatures que nous avons recueillies. Au vu de tous ces éléments, la présence du GIAA sur le Stand des Éditions Adaptées du Ministère de la Culture et de la Communication au Salon du Livre est essentielle. Ce Salon reste incontournable pour le GIAA. Il lui assure une visibilité intéressante et de qualité.

Le GIAA tient donc tout particulièrement à remercier le Ministère de la Culture et de la Communication qui finance notre participation à ce salon ainsi que les bénévoles et salariés qui ont assuré des permanences sur le stand.

Commission des Techniques Professionnelles 28 janvier 2012

Laetitia Pégaz-Fiornet - Secrétaire de la CTP

La Commission des Techniques Professionnelles du GIAA s'est réunie le 28 janvier, sous la présidence de Pierre Marragou. Quinze participants ont suivi l'ordre du jour, principalement consacré à la présentation de la méthode Tomatis par notre invité.

La méthode Tomatis (article ci-après) est basée sur la « rééducation de l’écoute ». Elle s’adresse aux personnes aux prises avec divers problèmes de voix, d'écoute, d'apprentissage, de communication ou de concentration. Après une évaluation pour déterminer le profil d'écoute de la personne, des exercices visent la réception auditive, l'expression verbale et le traitement de l'information par le cerveau. Les sons entendus dans des écouteurs (musique ou voix) sont modifiés électroniquement, constamment remodulés et graduellement filtrés. Ils amènent la personne à développer une meilleure perspective auditive et une meilleure auto-écoute.

Ensuite, Jacques Bédhet, responsable bénévole du Club Emploi au GIAA, a annoncé la prochaine diffusion d'un guide du formateur dans l'aide à l'orientation professionnelle et la recherche d'emploi. Cet ouvrage comprendra aussi un carnet d’adresses des contacts actifs dans ce créneau.

La prochaine réunion de la commission est fixée au samedi 2 juin 2012, à 14 h au siège du GIAA. L'ordre du jour est le suivant :

Présentation du GPS Captéo ;

Démonstration du Spider, machine à lire ;

Questions et informations diverses.

 

Méthode Tomatis : Rééducation de l’écoute

M. Fairbank - Consultant/Formateur en Intégrations audio vocales : Langage, langues vivantes, Musique et Voix

Présentée à la CTP du GIAA le 28 Janvier 2012

Thierry du Rivau qui est l’initiateur de ce point de l'ordre du jour de la CTP, est invité par Pierre Marragou à nous indiquer son expérience personnelle de la méthode Tomatis.

Thierry du Rivau s'était inquiété d'arriver à suivre difficilement les conversations dans une ambiance bruyante. Il avait alors passé un audiogramme dont les résultats étaient pourtant très bons. Cela lui a permis de réaliser que la plupart des gens compense en fait sans s'en apercevoir par la vue (expression du visage, lecture labiale…) dans des communications en milieu bruyant. Sa réflexion sur l'ouïe en tant que sensorialité palliative des déficients visuels l’a mené à penser que les déficients visuels ne sont pas, du simple fait de leur handicap visuel, des auditeurs nécessairement performants. Les efforts faits par les malvoyants pour améliorer leur vue n’étaient peut-être pas la seule piste à explorer. Ainsi, l’intérêt qui l'a mené à expérimenter la méthode Tomatis visait une meilleure concentration, dans le cadre par exemple de réunions de travail, où l’attention ne peut se porter que sur l’auditif. Dans ce but, Thierry du Rivau a découvert la méthode Tomatis, dont des séances ont été intégrées à la formation professionnelle du DIF, Droit Individuel de Formation. Il a souhaité faire partager cette prise de conscience avec les personnes handicapées visuelles du bénéfice de prendre soin et intérêt de leurs oreilles et de l'éducation de leur audition. Les malvoyants ne doivent pas se focaliser uniquement sur leur résidu visuel.

 

La méthode Tomatis, ou audio-psycho-phonologie, est une méthode basée sur la « rééducation de l’écoute » qui s’adresse aux personnes (enfants et adultes) aux prises avec divers problèmes de voix, d'écoute, d'apprentissage, de communication ou de concentration. Parmi les troubles les plus souvent traités, on retrouve le déficit de l'attention, les retards d'apprentissage, l’autisme, la dyslexie, les problèmes de motricité et de langage et les difficultés d’apprentissage de langues étrangères.

Alfred A. Tomatis, oto-rhino-laryngologiste, fut le premier à observer, vers 1950, que « nous chantons grâce à nos oreilles ». Il avait remarqué que les travailleurs d'usines, ayant une perte d'audition, avaient fréquemment aussi des distorsions dans la voix. Il avait aussi noté que les chanteurs d'opéra, ayant des troubles de la voix, pouvaient subséquemment souffrir d’une perte auditive. Ce phénomène fut ensuite vérifié scientifiquement et nommé « effet Tomatis ». Ce fut le point de départ d'une longue série d'observations cliniques qui amenèrent Tomatis à redéfinir notre compréhension de l'oreille. La qualité de l’audition aurait une influence déterminante sur la voix, sur la capacité d'attention ainsi que sur le développement du langage et de diverses facultés d'apprentissage.

Ces recherches ont mené à la mise au point de techniques destinées à transformer la façon dont nous percevons les sons à l’'aide d'un appareil appelé « oreille électronique » qui permet de modifier les facultés auditives. Cela s’effectue, entre autre, grâce à la restructuration des mécanismes de rétroaction qui régissent le système audio-vocal. Tomatis a ainsi démontré, qu’en modifiant les capacités d’écoute d’une personne, il était possible d'obtenir une transformation du langage et de diverses facultés psychologiques et mentales. Le traitement débute par une évaluation permettant de déterminer le profil d'écoute de la personne ainsi que les objectifs et la durée approximative du programme de mise en forme de l'écoute. Un programme typique comporte deux séances intensives de 30 heures. Chaque séance dure 15 jours, à raison de deux heures par jour. Une pause d’un mois sépare les deux séances. Des heures supplémentaires de stimulation sont souvent requises dans l'année ou les mois qui suivent pour consolider les acquis.

Les exercices effectués pendant les séances s'adressent spécifiquement à la réception auditive, à l'expression verbale et au traitement de l'information par le cerveau. Les sons entendus dans des écouteurs (musique ou voix) sont modifiés électroniquement, constamment remodulés et graduellement filtrés. Ils amènent la personne à développer une meilleure perspective auditive et une meilleure auto-écoute.

Ceux effectués lors de rencontres individuelles comportent généralement une phase passive et une phase active :

pendant la phase passive, on utilise des sons filtrés, généralement de la musique classique, pour « ouvrir l’oreille » et améliorer les habiletés d’écoute. Écouteurs sur les oreilles, les enfants jouent, dessinent ou peignent. Les adultes en profitent généralement pour se relaxer.

pendant la phase active, tout en écoutant, les personnes fredonnent, chantent ou lisent dans un micro. Leur voix est transformée de manière électronique et leur revient dans les écouteurs.

L’intérêt de la méthode Tomatis, pour les personnes déficientes visuelles est d'améliorer la qualité de leur écoute et leur capacité de concentration dans la durée. Les exercices peuvent aussi aider à avoir une meilleure posture, à se redresser et à gagner en dynamisme.

 

Centre "J’écoute, donc je suis"

40, rue de la Plaine - 75020 PARIS

Tél : 01.77.19.03.17

Livre de référence : « L’écoute c’est la vie » de Patrick de la Roque, éditions Jouvence.

En route avec Mobile En ville

Marie de Saint-Blanquat - Présidente du GIAA

 

Il y a quelque temps, le GIAA a été contacté par l’association Mobile En ville (MEV) pour une collaboration tout à fait intéressante. Les membres de cette association sont des personnes à mobilité réduite, c’est à dire concernées par un handicap moteur ou visuel, ainsi que des personnes valides, amies, familles etc.

Logo mobile en ville : un cercle divisé en deux hémisphères par le nom de l'association. Dans chaque hémisphère deux silhouettes : l'une en fauteuil roulant, l'autre la poussant en patins à roulettes.

 

L’un des buts recherchés est la convivialité et les échanges, concrétisés par des soirées mensuelles dites « apéros » ; à la belle saison, Mobile En ville organise des randonnées à travers la ville, de tandems, et rollers avec fauteuils roulants et poussettes !

L’autre activité consiste à faire de l’information et des opérations de sensibilisation sur l’accessibilité auprès d’instances publiques et privées : municipalités, Centres commerciaux…). C’est à ce genre d’opérations que le GIAA a participé : des permanents du GIAA ou de Mobile En ville ont identifié dans les espaces destinés au public tous les points d’accès dangereux ou restreints et font exécuter le parcours repéré à des directeurs ou responsables de Centres commerciaux : ils sont mis dans des situations de cécité, malvoyance (avec lunettes de simulation et canne blanche) ou de mobilité réduite, fauteuil, poussette, béquilles, etc.

La démonstration parle d’elle-même quand le boîtier « incendie » est placé à hauteur de visage, quand les galeries sont parsemées de comptoirs de hauteur variable sans marquage au sol ou quand, enfin, le seul accès aux bureaux est un escalier en colimaçon ou un monte-charge ! C.D., la bénévole aveugle du GIAA qui a remplacé le membre de MEV à la dernière minute est revenue enchantée de cette rencontre et de cette manière de faire inhabituelle ; elle a aussi pu attirer l’attention des décideurs de ces Centres commerciaux sur l’accessibilité numérique des sites d’information de ces établissements ; le lendemain, le GIAA était contacté pour savoir comment vérifier cette accessibilité numérique… C’est bien lent, mais, grâce à des entreprises de ce genre, des choses avancent !

Inauguration de la bibliothèque numérique francophone accessible – BNFA

À l’occasion du Salon du Livre de Paris 2012 l’association Braillenet, le Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes (GIAA) et l’Association pour le Bien des Aveugles et des Malvoyants de Genève (ABA) ont lancé la Bibliothèque Numérique Francophone Accessible.

Logo de la BNFA : "Bibliothèque Numérique Francophone Accessible"

À son ouverture la BNFA propose à son catalogue plus de 12 000 titres, couvrant un large éventail de la production actuelle : romans, manuels, documentaires, biographies, essais, livres pour la jeunesse, etc. Ce catalogue s'enrichit régulièrement des apports des organismes participant au projet. L'objectif est d'augmenter le fond de plusieurs milliers de titres par an.

La BNFA constitue ainsi le premier service francophone de téléchargement de livres au format DAISY ouvert aux personnes bénéficiant des exceptions au droit d’auteur prévues par leurs législations nationales.

La BNFA est au service de l’insertion scolaire, sociale et professionnelle.

Comment lit-on ces livres ?

Grâce à un format unique standard DAISY, les livres peuvent être lus sur des appareils braille, des lecteurs Daisy disposant ou non de synthèse vocale, ou sur ordinateur, grâce à des logiciels d’agrandissement.

Accès au Livre ?

Toute personne éligible au titre d'une exception au droit d'auteur peut demander son inscription auprès d'une des associations partenaires de la BNFA. L’inscription est gratuite.

Les bibliothèques municipales ou universitaires, les établissements d’enseignement spécialisé, les établissements scolaires ordinaires peuvent bénéficier des services de la BNFA pour promouvoir la lecture auprès des personnes handicapées.

En général, tout organisme susceptible de fournir un service aux personnes empêchées de lire du fait d’un handicap.

L’accès au livre et à la lecture est plus ou moins difficile. Le nombre de personnes handicapées visuelles est d'environ 1 700 000 en France et de plusieurs millions dans l’espace francophone (près de 1 million au Canada, entre 80 et 100 000 en Suisse, 10 millions en Afrique Francophone). À cela s’ajoutent les personnes dites empêchées de lire, ne pouvant lire en raison d’un handicap moteur ou cognitif.

Cependant, le nombre de titres adaptés disponibles reste très limité. En France, par exemple, seulement quelques milliers de titres adaptés sont disponibles, quand 35 000 nouveaux titres sont publiés chaque année.

Rendez-vous à ne pas manquer

 

Assemblée Générale du GIAA

Samedi 23 juin 2012 après-midi à l’INJA, Paris

Photographie de la façade de l'Institut National des Jeunes Aveugles

Façade sur Boulevard des Invalides

 

SOMMAIRE

 

 

CULTURE

Bibliothèque numérique mondiale pour les aveugles

Les éditeurs sud-africains, français, anglais et américains ont signé des accords pour mettre à disposition des mal-voyants les fichiers numériques des œuvres contemporaines.

« Hachette, Editis, Gallimard, Albin Michel, La Martinière, Liana Levi, Minuit et Quae, au total huit éditeurs français, ont signé avant l’été l’accord pour l’utilisation des fichiers numériques gratuite à destination des mal-voyants » ont annoncé Christine de Mazières, directrice du Syndicat national de l’édition, et Catherine Blache, chargée des relations internationales du SNE, lors de la conférence de presse de l’Association internationale des éditeurs le 14 octobre à la Foire du livre de Francfort.

La réunion a été l’occasion pour les différents partenaires de faire le point sur l’avancement du projet TIGAR (Trusted intermediary global accessible resources), une bibliothèque numérique mondiale qui mettra en commun les fichiers destinés aux aveugles et mal-voyants.

Outre les principales maisons françaises, les sept éditeurs les plus importants d’Afrique du Sud (parmi lesquels MacMillan et Random House) ont été les premiers à signer, selon Brian Wafawarowa, directeur de l’Association des éditeurs sud-africains, tandis que Tom Allen, président de l’Association des éditeurs américains, annonçait la signature d’HarperCollins US, de la Bibliothèque du congrès et du Bureau du copyright, et Richard Mollet, P-DG de l’Association des éditeurs britanniques, celle de Bloomsbury et HarperCollins UK, qui doivent être suivis de Hachette UK, Pearson et Random House.

Les accords représentent une nouvelle étape de la collaboration mondiale pour le partage des fichiers destinés aux mal-voyants, qui peuvent se fournir auprès des associations et organismes accrédités (une cinquantaine pour la France, agréés par le ministère de la Culture et le ministère des Affaires sociales). Le parcours est long, en partie à cause du droit d’auteur différent dans chaque pays.

Parallèlement, Jens Bammel, secrétaire général de l’association, a aussi défendu le format Daisy (Digital accessible information system), permettant l’exportation de fichiers numériques compatibles avec tous les formats et, ainsi, l’échange de fichiers dans le monde entier à un moindre coût.

La France a dû mettre en place « l’exception au droit d’auteur en faveur des personnes handicapées » par une loi en juillet 2011, qui a aussi porté à dix ans le délai de disponibilité des fichiers (voir Livres Hebdo n° 881 du 14.10.2011), et la plateforme Platon de la BnF où sont stockés ces fichiers.

Mise en ligne le 25 octobre 2011.

Extraits – Lire Livre Hebdo du 17/010/11

Sommeil : le syndrome du libre-cours

Dans le cadre de la recherche biomédicale sur l’insomnie menée par VANDA (voir QSLD N°9 de septembre-octobre 2011), il a été montré que certains troubles du sommeil sont plus fréquents chez les non voyants que dans une population de personnes voyantes. La poursuite de ces recherches nous offre aujourd’hui une étude sur le cycle veille/sommeil chez les aveugles et y ajoute un commentaire sur ce syndrome mal connu que l’on appelle depuis peu le syndrome du libre-cours. Nous le résumons ci-après.

Illustration de la Belle au Bois Dormant, endormie et somptueusement habillée. Dans ses mains croisées sur sa poitrine, une rose rouge. Film de Walt Disney.

Ce trouble mis en évidence pour la première fois en 1970 se caractérise entre autres par des retards progressifs des horaires d’endormissement et d’éveil. Selon la périodicité naturelle du rythme circadien, le décalage répétitif du cycle veille/sommeil peut être d’une heure par jour chez certaines personnes alors qu’il est de quelques heures par semaine, voire par mois, chez d’autres.

La conséquence est qu’une personne en libre-cours passe par des longues phases où elle s’endort à des horaires très décalés, provoquant ainsi des insomnies cycliques intenses et des somnolences diurnes éprouvantes.

En réalité, dans beaucoup de cas, le syndrome de libre-cours est difficile à diagnostiquer par le patient lui-même, voire par un médecin, à moins qu’il ne soit un spécialiste du sommeil averti. Les personnes souffrant du syndrome de libre-cours passent souvent plusieurs années avant de réaliser que leur sommeil est déréglé de façon cyclique, comme l’indiquent des témoins interrogés par Lynne Lamberg dans sa série d’articles sur le syndrome de libre-cours. Ceci est dû au fait que les symptômes sont souvent confondus avec d’autres troubles du sommeil ou de la veille, et à la difficulté de reconnaître leur nature cyclique. Ensuite, même quand ils savent bien décrire leur problème, les patients atteints de libre-cours doivent trouver un médecin suffisamment spécialisé dans ce trouble du sommeil pour savoir le diagnostiquer.

Des spécialistes du syndrome de libre-cours ont montré que celui-ci est très fréquent chez les aveugles à deux conditions : que la personne soit totalement aveugle et qu’elle ait des insomnies et des épisodes de sieste récurrents. La prévalence du syndrome de libre-cours chez les aveugles dépourvus de toute perception lumineuse peut atteindre, selon certaines études jusqu’à 50 à 70%.

Synchronisation du rythme circadien

Dès le début des années 2000, plusieurs spécialistes du sommeil ont montré que des personnes souffrant du syndrome de libre-cours pouvaient synchroniser leur rythme circadien en prenant régulièrement de la mélatonine, avant leur heure normale de coucher. En France, si la mélatonine peut être utilisée lors d’études de recherche et sous prescription médicale, elle n’est pas commercialisée. Il n’existe pas non plus d’autre médicament approuvé.

 

Illustration. Un système schématisé par un mécanisme à double balancier : le balancier Circadien, l’horloge du sommeil.
À gauche, le Balancier circadien (rythme de 24h chez l’homme) se comporte comme une véritable horloge interne qui ouvrirait (et refermerait) les portes du sommeil  à certains moments propices des 24 h que détermine l’alternance du jour et de la nuit.
À droite, le balancier homéostatique est comparable à un sablier qui se retourne deux fois par 24h (c’est à dire au bout d’un certain temps d’accumulation d’éveil ou de sommeil).
Voir internet « Balance du sommeil ».

Schéma du balancier circadien

 

Un rythme circadien est un type de rythme biologique d’une durée de 24 heures environ. Celui qui marque le plus nos vies quotidiennes est le rythme veille-sommeil. Il est présent chez la plupart des animaux et des végétaux. Le rythme circadien le plus visible chez les plantes concerne la position des feuilles et des pétales, qui se redressent ou s’ouvrent plus ou moins selon l’heure de la journée.

L’adjectif circadien vient du latin circa, (environ) et diem, (jour) et signifie littéralement environ un jour.

Un système schématisé par un mécanisme à double balancier. Le balancier Circadien, l’horloge du sommeil. À gauche, le Balancier circadien (rythme de 24h chez l’homme) se comporte comme une véritable horloge interne qui ouvrirait (et refermerait) les portes du sommeil à certains moments propices des 24 h que détermine l’alternance du jour et de la nuit. À droite, le Balancier homéostatique est comparable à un sablier qui se retourne deux fois par 24h (c’est à dire au bout d’un certain temps d’accumulation d’éveil ou de sommeil).

D’après Bulletin de la CFPSAA 2012-3.

 

Pour en savoir plus :

Horloge biologique et rythme veille/sommeil – Pr Damien LEGER 1995

CD gratuit, demande par courriel : docteur.quera@gmail.com

Éric Brun-Sanglard, architecte d’intérieur aveugle

Par Emmanuelle RICHARD samedi 7 janvier 2006

Un article déjà ancien qui caractérise bien le personnage et le regard qu’il porte sur ses créations. Il vit aujourd’hui à Los Angeles et répond à de nombreuses interviews. Éric Brun-Sanglard, 44 ans à l’époque, architecte d’intérieur aveugle. Ce Français d’origine, très en vogue à Los Angeles, choisit couleurs et formes des maisons à décorer au senti et au toucher.

Photographie : portrait d'Éric Brun-Sanglard à la plage, assis sur une chaise.

Éric Brun-Sanglard en 7 dates

1962 : Naissance à Chamonix ;

1980 : Départ aux Etats-Unis ;

1984 : Apprend sa séropositivité ;

1995 : Perd la vue ;

1996 : Devient architecte d’intérieur ;

2000 : Ruiné ;

2005 : Reality-show d’Éric B., The Blind Designer.

 

« C’est un peu la maison qui me dicte les couleurs », explique l’architecte d’intérieur Éric Brun-Sanglard en nous guidant sur son dernier chantier à Los Angeles : la spacieuse cuisine d’une villa des années 1920, dans le quartier cossu et verdoyant de Hancock Park. Ancienne propriété de Francis Ford Coppola dans les années 70, la maison de style Tudor, aux pans de bois contrastés clairs et foncés, «fait très parrain, très dynastie, très sérieuse... Un peu trop, d’ailleurs », s’amuse le créateur de 43 ans, chemise éclatante, bronzage californien et sourire hollywoodien. Il a sélectionné des tons beiges, des mosaïques en marbre brut et des meubles aubergine pour habiller la cuisine, qui sera dotée d’une large porte-fenêtre donnant sur la piscine.

Aveugle, Éric Brun-Sanglard ne voit pas les pièces mais visualise leur potentiel. Quand l’actrice Virginia Madsen l’a contacté, il y a quelques mois, pour aménager le jardin de sa maison de Beverly Hills, il lui a répondu de sa voix grave et enjouée : « Laisse-moi venir voir à quoi ça ressemble », se souvient la blonde égérie du film Sideways.

Dans un nouveau lieu, Éric Brun-Sanglard utilise son corps et ses sens pour trouver la solution du puzzle. « Une maison, c’est comme un casse-tête chinois, dit le designer, il faut trouver comment tout s’imbrique. » Pour mesurer et apprécier l’espace, il arpente les pièces en long et en large, bras déployés. Il touche à tout et mémorise : la texture des murs, le galbe des moulures, la surface des carreaux. Il caresse les sols, les fenêtres, les poignées de porte, la verdure, et projette les possibilités. Il guette les courants d’air et le soleil sur son visage et le dos de ses mains, pour deviner où et quand tombent les rayons.

En adepte du feng-shui, l’art chinois d’un agencement harmonieux pour favoriser le bien-être, le designer évoque souvent l’« énergie » d’une maison, souvent « trop plate », avant son intervention et celle de son collaborateur, Ron Trembley. Ce dernier, quadra élancé et décontracté, conduit Éric Brun-Sanglard et son chien Légion partout, dans une coccinelle jaune flanquée d’un autocollant prodémocrate. Il décrit les couleurs et les motifs avec minutie, produit des plans tactiles en relief, et gère l’avancée des chantiers au quotidien pour la compagnie du designer, The Blind Designer Inc. « Un ami m’appelle le "designer-guide d’aveugle" », s’amuse Ron Trembley, qui qualifie la collaboration de « très stimulante, parce que je suis forcé d’appréhender l’espace un peu différemment ».

Connu sous le nom d’ « Éric B », Éric Brun-Sanglard fait des maisons-sanctuaires retranchées derrière une clôture de bois et de plantes, à l’image de la sienne, dans la communauté gay et branchée de West Hollywood : « Quand j’ai perdu la vue, j’ai eu besoin de créer un endroit où je me sentais en sécurité émotionnelle, mon environnement était la seule chose que je pouvais encore contrôler. »

Fils de moniteurs de ski à Chamonix, il ne se reconnaissait pas dans l’univers sportif.

L’adolescent franco-suisse rêvait d’un univers « créatif et artistique » ; plusieurs années de pensionnat aux Chartreux, à Lyon, ont nourri sa rébellion. À 17 ans, il part à Boston. « Papa et moi, nous ne parlions pratiquement pas. Aux États-Unis, je pouvais être moi-même. » L’Amérique lui réussit. Diplômé en communication et en cinéma, il devient directeur artistique dans la mode, puis dans la publicité, avec des bureaux à Los Angeles, New York et Paris. Villa dans les collines de Hollywood. Voiture de sport. Soirées avec la jet-set des années 80 et train de vie « sex, drugs et rock’n roll ». Avec, sous les paillettes, un lourd secret : sa séropositivité, découverte à l’âge de 22 ans. « À l’époque, je ne pouvais en parler à personne. »

Son employeur à l’agence Scent Seal, Elaine Trebek-Kares, a parfois du mal avec le séduisant jeune homme aux yeux clairs « incroyablement doué dans son regard artistique, mais arrogant et dédaigneux, comme le plus mauvais cliché du Français qu’un Américain puisse imaginer ». Lors d’un voyage d’affaires en Suisse en 1994, Éric est au volant de la voiture de location et n’arrête pas de mordre la ligne et de quitter la chaussée, se souvient sa patronne d’alors. « J’ai fini par lui dire : «Arrête la voiture et passe-moi le volant.» C’est la première fois que nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un gros problème.»

Associé au sida, le CMV, cytomégalovirus, a attaqué sa rétine. À 32 ans, Éric Brun-Sanglard devient aveugle, comme l’homme à la canne blanche qui hantait ses cauchemars d’enfance. Selon son médecin, il n’a plus beaucoup de temps à vivre.

Ses parents se précipitent à Los Angeles pour passer ce qu’ils pensent être un dernier Noël ensemble, au chevet de leur fils. Mais un nouveau traitement antisida le maintient en vie. Un miracle : « Cela peut sembler bizarre, dit-il, mais mourir était presque une solution apaisante, apprendre à vivre aveugle a été beaucoup plus dur ». Il a consenti à devenir le « passager de [sa] vie », laissant « le volant à Dieu ». Pas exactement celui de son éducation catholique : « Ma religion est partout. Ma maison fait partie de ma religion. J’y médite et j’y prie tous les matins. » Fauché, il passe la fin des années 90 à aider son petit ami de l’époque à restaurer et revendre des maisons et se lance dans sa nouvelle carrière de designer « par accident », sous les encouragements d’Elaine Trebek-Kares : « Tu as toujours fait ce dont tu avais envie avant de devenir aveugle. Pourquoi cesser maintenant ? », lui dit-elle, à l’américaine.

Éric Brun-Sanglard renoue avec le succès et un train de vie aisé dans une superbe villa avec une « vue magnifique ». En 2000, il découvre que son partenaire a profité de sa cécité pour contracter des centaines de milliers de dollars de dettes en son nom. De nouveau ruiné, l’architecte d’intérieur doit se reconstruire émotionnellement et financièrement : « Ma vie est comme des montagnes russes. Là, je remonte », dit-il dans un éclat de rire. Connaissance lointaine de son ancien cercle d’amis, Virginia Madsen a renoué avec le « nouvel Éric » lors d’une soirée. « Mon fils, qui a peur du noir, lui a demandé : « Ça fait quoi d’être aveugle ? Tu as peur ? » Toutes ces questions qui gênent les adultes, mais auxquelles Éric a répondu sereinement. Il y a quelque chose de tranquille en lui, comme dans son style de maison. » Un style qu’il décrit comme très masculin et très zen, influencé par ses voyages, notamment à Bali, son goût pour les matériaux doux, les fontaines et les plantes odorantes, comme le jasmin et la lavande.

En dix ans, Éric Brun-Sanglard a appris à se sentir bien dans sa peau et a noué une relation « extraordinaire » avec ses parents. Romantique, il apprend au piano son morceau préféré de Michel Legrand, les Moulins de mon cœur, et s’émeut devant l’histoire d’amour inachevée de « Before Sunset » avec Julie Delpy. « Je m’ennuyais un peu dans la baignoire », dit-il, en faisant visiter sa master bedroom avec salle de bains. « Alors j’ai ouvert un panneau. Comme ça, je peux regarder la télé avec la cheminée allumée dans ma chambre. »

Visite au musée du quai Branly : rivière et plans tactiles

Repérez le musée

Son environnement et ses espaces à l’aide de trois plans tactiles différents, situés à l’entrée du jardin, dans le hall d’accueil et sur le Plateau des collections.

Guide Branly, masque de la couverture du guide.

Empruntez le chemin tracé par une bande de guidage rouge foncé, dans les allées du jardin jusqu’à l’entrée du bâtiment.

Écoutez les commentaires de l’audioguide au fil de l’un des parcours sonores : seul ou en famille, à travers les collections ou les expositions temporaires.

L’audioguide est gratuit pour vous et une personne qui vous accompagne : demandez-le à la billetterie qui se trouve dans le jardin du musée. Il existe également un guide tactile.

Explorer les collections

Explorez la Rivière, mobilier de cuir, où se mêlent dispositifs tactiles et sonores pour une découverte transversale, de l’Afrique à l’Asie et de l’Océanie aux Amériques.

Plongez au cœur des boîtes à musique : l’univers sonore des peuples lointains vous entoure dans ces deux espaces distincts pour une expérience unique.

Suivez l’itinéraire « Les Œuvres dialoguent » : et partez à la rencontre de 7 objets avec le guide en gros caractères, disponible gratuitement à l’accueil.

Vous pouvez utiliser l’une des loupes prêtées au vestiaire du musée. Certains objets particulièrement fragiles imposent un éclairage mesuré.

Des activités culturelles

Des visites tactiles thématiques autour des collections ou de la Rivière ;

La visite jeu Safari pour retrouver les animaux dans les collections à l’aide d’indices...

Les visites contées s’appuyant sur les traditions orales de chacun des continents.

L’atelier : dans tous les sons.

Les Lectures partagées dans le noir et l’aventure d’une œuvre, au salon de lecture Jacques Kerchache, sont des rendez-vous proposant une découverte sensorielle et originale autour d’un texte lu en braille ou d’un fac-similé d’un objet des collections.

Au salon de lecture et à la médiathèque, un accueil privilégié et du matériel informatique adapté vous attendent.

Contact

37 quai Branly - 218 rue de l’Université - 75007 Paris

Tél : 01.56.61.70.00 Courriel : accessibilite@quaibranly.fr

Téléchargement de la brochure « Musée facile » sur le site : http://www.quaibranly.fr/fr/musee/publics/accessibilite.html

SOMMAIRE

 

LOISIRS

Exposition « Radio, ouvrez grand vos oreilles »

Du 20 mars 2012 au 2 septembre 2012 au Musée des Arts et Métiers.

L’Exposition « Radio, ouvrez grand vos oreilles » offre un parcours en libre accès pour les visiteurs malvoyants et non-voyants. Cette exposition sur l’histoire de la radiophonie française est sonore et immersive.

Sur demande auprès de l'accueil, un carnet avec un plan, des dessins tactiles et des textes en braille et grands caractères aideront le visiteur dans sa découverte. De plus, le public pourra, dès l'entrée, « toucher » une représentation tactile du Général de Gaulle devant son micro lors de l’appel du 18 juin 1940 réalisée grâce au mécénat de compétences du groupe Alain Mikli International. Un poste radiophonique de 1942 ainsi qu’un micro de la même période sont eux aussi destinés à être touchés par les visiteurs.

Plus d'informations sur l'exposition : http://radio.arts-et-metiers.net/

Musée Européen de la bière

Installé dans l'ancien magasin aux vivres de la citadelle de Stenay du XVIIème siècle, transformé en malterie en 1879, le Musée Européen de la Bière a été crée en 1986.

Ce musée, unique en Europe par l'ampleur de ses collections riches de 50 000 pièces et sa superficie de 2 500 m2, propose de retracer l'histoire des techniques et traditions brassicoles, des origines à nos jours.

Photographie d'immenses alambics en cuivre.

Reconstitution de Brasserie du 20e siècle cliché musée européen de la bière Stenay - © musée européen de la bière Stenay

 

Superbe bâtiment du 17ème siècle, c’est l’ancien magasin aux vivres de la citadelle de Stenay du XVIIe siècle, transformé en malterie en 1879.

Vue extérieure touraille et Houblonnière photo du musée européen de la bière - © musée européen de la bière Stenay

 

Le nouveau parcours muséographie permet de découvrir l'évolution des techniques de fabrication à travers une scénographie moderne utilisant les nouvelles technologies (reconstitutions, bornes interactives, ambiances sonores et olfactives).

Parcours en relief et en braille.

 

Contact :

Tél. : 03.29.80.68.78 - Courriel : musee.biere@cg55.fr

Site Internet : www.musee-de-la-biere.com

Accès : 17 rue du Moulin - Parking bus et véhicules de tourisme.

Adresse GPS : 49°29'21.71''Nord. 5°11'05,15’’ Est.

Le bourg de Stenay est installé sur les deux rives de la Meuse. Deux grands axes s'y croisent : la route D947 : Reims (100 km au sud-ouest) - Luxembourg (80 km à l'est) et la route D964 : Sedan (34 km au nord-ouest) - Verdun (47 km au sud).

L’écomusée du Mont Lozère (Pont-de-Montvert, Lozère) désormais accessible

Extrait d’un compte-rendu d’Arielle Dumas Présidente de l’IRRP

C’est dans le cadre de la Journée du Patrimoine 2011, qu’Arielle Dumas, Présidente de l’IRRP (Information Recherche Rétinite Pigmentaire) et la FAF de Nîmes ont organisé pour les personnes déficientes visuelles une visite de l’écomusée du Pont-de-Montvert (Lozère) qui inaugurait de nouveaux équipements destinés aux personnes déficientes visuelles et auditives.

Au Pont-de-Montvert se trouve le musée du mont Lozère, chef lieu de l'écomusée. Là vous trouverez : une exposition permanente sur l'histoire naturelle et humaine de la montagne proposée au travers d'audio guides, d’expositions temporaires, de vidéos.

Rendre le musée accessible à tous

Concrètement il s’agissait de tester un parcours adapté au moyen d’audioguides conduisant à des pupitres avec des dessins en relief et des textes en braille, des dessins en couleurs contrastées et en caractères agrandis pour les malvoyants.

La visite : au milieu du parcours, un vaste espace tactile présente de nombreux objets à explorer à l’aide des mains tout en écoutant les textes correspondants. Cet espace est réparti en 5 zones tactiles : la répartition des tourbières, et leurs végétaux, la géologie de la région avec des échantillons de roche granitique calcaire et schisteuse, des objets faisant référence à une période historique ou à une activité locale, la maquette du cœur de village de la Fage avec une ferme et ses dépendances, pour aborder l’aspect architectural

Interviewées sur leur perception de l’écomusée et des équipements mis à disposition, les personnes non et mal voyantes soulignent, dans leur ensemble, une volonté de bien faire. Il semble toutefois que des améliorations pourraient être apportées dans le sens d’une plus grande autonomie de visite car, comme le souligne Arielle Dumas, la réussite d’une mise en accessibilité d’un site doit permettre à toute personne déficiente visuelle d’avoir du plaisir de façon autonome.

 

Ce projet d’accessibilité a été porté par Odile RIVAL, Responsable de l’écomusée, pendant près de 2 ans avec l’appui de l’association BRAILLE ET CULTURE.

Accès : Entre Lozère, Gard et Aveyron, à proximité de Mende, Florac

Route de Finiels - 48220 Le Pont-de-Montvert

Tél : 04.66.49.53.00. E-mail : ecomusee@cevennes-parcnational.fr.

www.cevennes-parcnational.fr.

Accès Culture : spectacles adaptés

Paris

« Temps » au théâtre de Chaillot les 22 et 23 mai 2012 ;

« Mademoiselle Julie » au théâtre de l’Odéon le 3 mai et 3 juin ;

« Pop péa » au théâtre du Châtelet le 2 juin.

Reims

« La Traviata » opéra, le 13 mai 2012 ;

Visite tactile Opéra, journée du Patrimoine le 17 septembre 2012.

Marseille

« Henri VI » le 6 juin 2012 ;

« Pop péa » au théâtre du Châtelet le 2 juin.

Toulon

« Mademoiselle Julie » le 12 mai 2012.

Toulouse

« Les Indes Galantes » le 13 mai 2012 ;

« Tannhäuser » les 24 et 29 juin 2012.

Limoges

« La jeune fille aux mains d’argent » le 8 juin 2012.

Tours

« Le dindon » le 31 mai 2012.

Rennes

« Les noces de Figaro » le 2 juin 2012.

L’Amour des 3 oranges

De Serguei Prokofiev à l’Opéra National de Paris

Dates : 23 juin, 3 et 6 juillet à 19h30.

L’opéra retrace les aventures d’un prince hypocondriaque que Truffaldino, spécialiste en farces et attrapes, est chargé de guérir par le rire. Il est épaulé bien peu efficacement par le pitoyable mage Tchélio qui s’oppose à l’efficace Fata Morgana, sorcière associée à Léandre et Clarice qui complotent pour prendre la place du prince dès son décès.

 

Trois immenses oranges sont alignées. Devant celle du milieu, le prince, plus petit que les oranges elles-mêmes, se tient debout, tout habillé de blanc, casque colonial , grosses lunettes noires, une baguette à la main. De part et d’autre des oranges, deux princesses allongées sur des quartiers d’orange.

 

Fata Morgana impose au Prince la conquête de l’amour des trois oranges, gardées par une horrible cuisinière. Le Prince y parvient avec l’aide de Truffaldino et les oranges font place à trois belles princesses dont deux meurent rapidement de soif.

Grâce à l’intervention du chœur des « Ridicules », la troisième jeune fille, la princesse Ninette, est sauvée de la mort. Mais alors que le Prince s’en va pour lui chercher une robe digne de la cour, elle est transformée en rat par Fata Morgana aidée de son esclave Sméraldine. Après quelques ultimes péripéties, la princesse Ninette retrouve une forme humaine et épouse le Prince.

Réservations audiodescription :

Si vous êtes accompagné d’un chien guide, nous vous demandons de le mentionner pour un placement en bout de rang, quand cela est possible... Les casques étant limités et souvent très demandés, il est nécessaire de préciser le nombre dont vous avez besoin.

Enfin, nous vous conseillons vivement d’arriver une demi-heure avant le début des représentations, afin de retirer votre casque d’audiodescription ainsi que votre programme en braille ou gros caractères à l’accueil des théâtres et d’écouter l’introduction au spectacle.

 Pour être accompagné lors de vos sorties :

- Les Auxiliaires des aveugles : 01.43.06.39.68

- Action Passeraile : 01.43.41.70.67.

SOMMAIRE

 

 

Pour recevoir le QSLD en version numérique par courriel, vous pouvez directement souscrire à l’abonnement en envoyant un mail vide à l’adresse suivante : giaa-qsld-subscribe@yahoogroupes.fr

Un mail vous sera envoyé pour confirmer votre demande.

 

 

LECTURES

Le Turquetto

Par Metin Arditi, Prix des Libraires 2011 - Prix Jean Giono 2011- Éditions Feryane Gros caractères

Le Turquetto, illustration de couverture, une main gantée.
Détail d’un célèbre tableau du Titien, l’Homme au gant, conservé au Louvre.

Se pourrait-il qu'un tableau célèbre soit l'unique œuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance ?

Né à Constantinople en 1519, Elie Soriano s'exile à Venise et travaille dans l'atelier de Titien. Il fait une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto, le « Petit Turc ».
L'auteur retrace le destin de ce peintre, né de parents juifs en terre musulmane, nourri de culture chrétienne, qui a réalisé pour les congrégations de Venise des œuvres admirables. Au sommet de sa gloire, pris dans les rivalités vénitiennes, une liaison l'amènera devant les tribunaux.

Éditions Feryane :

Mail : contact@feryane.fr    

Tél : 01.39.55.18.78

 

Braille et Culture - Guide Céci’T – Tourisme adapté

Réalisé avec le soutien du Fonds Social Européen (FSE), le guide Céci'T a pour objectif de recenser l'ensemble des sites touristiques adaptés au public déficient visuel sur le territoire national.

Gratuit et conçu pour faciliter l'accessibilité du tourisme à tous et valoriser les initiatives, il s'adresse aux personnes en situation de handicap visuel désirant s'informer sur les prestations touristiques ou culturelles adaptées en France : musées, sites naturels, espaces de loisirs mais aussi hébergements.
Dans une démarche réellement qualitative, permettant de donner au public concerné les informations les plus fiables possibles, cette première édition est basée essentiellement sur un travail d'enquête menée auprès de plus de 1700 structures et, parmi elles, les quelques 230 sites qui ont répondu à cette étude et figurent donc désormais dans ce Guide.

Téléchargeable gratuitement à partir du site de Braille et Culture.

Mode d’emploi

Aller sur le site : www.braille-culture.com ;

Choisir son mode de lecture : PDF pour la version en gros caractères, Word pour une lecture en synthèse vocale ou DXB pour une impression braille ;

Sélectionnez la région souhaitée ;

Télécharger le Guide complet ou uniquement le Sommaire.

Contact

Mail : brailleetculture@wanadoo.fr

Tél. : 04.73.64.21.04

L’Œil et l’esprit 

Par Oliver Sacks - Éditions du Seuil, 2011

À chaque époque, son style.

De nos jours, la restriction du champ visuel se corrige avec des moyens techniques optiques ou mécaniques (prismes…). Et, quand elle est reconnue par les patients, ce qui n’est pas toujours le cas, ils apprennent à la gérer et à la compenser plus ou moins habilement (mouvements fréquents de la tête…).

L'Oeil de l'esprit

Au XVème siècle, ce n’était pas le cas. Dans un ouvrage récent, « L’ŒIL DE L’ESPRIT », Oliver Sacks raconte que le duc d’Urbino, Frédéric III de Montefeltro, dont un œil avait été crevé au cours d’un tournoi, pour sauvegarder sa vision en cas de besoin, n’hésita pas à employer un moyen radical : il se fit raboter l’arête du nez, élargissant ainsi le champ visuel de son œil restant !

Médecin ophtalmologiste connu, Oliver SACKS décrit méticuleusement dans son livre les cas d’un certain nombre de patients qui, devenant lourdement handicapés visuels, parviennent à garder une activité assez spectaculaire, comme, par exemple, ce romancier qui peut continuer à écrire alors même qu’il ne peut plus lire ! Ces récits sont à la fois techniques et pleins d’humour, jusqu’au jour où lui-même s’aperçoit d’une brutale restriction de son propre champ visuel. Il va s’analyser minutieusement dans tous les actes de la vie quotidienne, prenant même parois un certain plaisir à décrire avec emphase des troubles somme toute relativement fréquents.

Éditions du Seuil, 2011 pour la traduction française.

25, boulevard Romain Rolland, 75014 Paris.

Site : www.seuil.com

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COURRIER DES LECTEURS

Félicitations

De Bernard R.

Je voudrais vous féliciter de la qualité du QSLD du mois de janvier.

Le découpage DAISY est parfait, permettant une navigation très agréable. Bravo à la lectrice, c'est très bien lu, la lecture est très plaisante.

Voilà, je vous laisse le soin de transmettre à qui de droit.

NDLR : C’est fait. C’est une bénévole qui s’appelle Sophie. Merci.

Appel à témoignage*

Bonjour à toutes et tous. Je cherche des retours d'expériences de personnes ayant visité dernièrement un musée en Europe et découvert des dispositifs d'accessibilité satisfaisants ou innovants : si vous êtes cette personne-là, ou si vous connaissez une personne ayant voyagé et apprécié une visite au musée avec dispositifs spécifiques à la déficience visuelle, écrivez-moi simplement le nom du musée, le pays dans lequel il est et les dispositifs en question ! Merci à vous toutes et tous.

*Transmis par Laetitia Pégaz-Fiornet de la part de Valérie Chauvey
Merci de répondre à lemaildevalerie@free.fr

Le Petit Prince au bout des doigts

Évocation de Marie de Saint-Blanquat

C’était, à l’occasion d’une semaine consacrée à Antoine de Saint Exupéry à Issy-les-Moulineaux avec une exposition et une lecture dans le noir du Petit Prince, mise en œuvre par l’association Percevoir.

Quelques planches, avec des dessins en relief et du texte en braille, étaient distribuées aux assistants ; je ne suis pas très sensible au dessin tactile et ma lecture du braille n’est pas vraiment aisée …

Le petit prince porte une longue écharpe qui semble soulevée par le vent. Dessin tactile.

J’effleure tout d’abord un dessin qui ne me parle pas et commence alors à lire le texte : les premiers mots du Petit Prince reviennent en même temps, avec bonheur, dans ma mémoire ; mes deux mains repartent à l’assaut du dessin : en les plaçant correctement de part et d’autre, en haut du dessin, je réalise alors que ma main droite est en train de suivre l’envol de l’écharpe du petit prince tandis que la gauche fait le tour de sa tête, c’est très léger et je me souviens de cette chevelure, légère, et de sa couleur d’un jaune mouton d’or qui entourait sa figure et une boule d’émotion me remplit les yeux alors que mes mains descendent jusqu’à ses pieds…

Richesse et présence du souvenir, que c’est beau ! Combien de fois ai-je lu Le Petit Prince autrefois… Les larmes me viennent aux yeux, c’est du bonheur… À la page suivante, j’ai retrouvé l’éléphant dans le boa et ainsi en fut-il dans la suite des pages jusqu’à ce que la voix, dans le noir, me rappelle qu’après la dernière page d’où le petit prince a disparu, il y a encore une dernière page, un dernier dessin, le même… et le petit prince a vraiment disparu : c’était pas une blague, c’était pas magique … Et je suis triste, comme il y a 60 ans.

NDLR

L’association Percevoir propose une lecture de contes et de récits, à voix haute et dans le noir. Un texte en braille est remis au public à l’entrée, ce qui lui permet d’explorer tactilement la lecture. L’accueil et l’accompagnement sont assurés par des personnes non-voyantes. Inverser les rôles : le but recherché est de déconnecter les auditeurs, de leur permettre de faire abstraction du sens de la vue et de solliciter spontanément les autres sens et facultés.

Contact :

Association Percevoir - http://percevoir.free.fr/

Médiathèque du Val d’Europe - 2 place d’Ariane - 77700 SERRIS

http://mediatheques.valeurope-san.fr

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DERNIÈRE MINUTE

Le GIAA et la course des Héros à Paris

Logo de la Course des Héros.Le 17 juin prochain, de nombreux participants courront pour le GIAA lors de la Course des Héros, qui aura lieu au Parc de Saint Cloud (92). La Course des Héros, c’est un défi sportif, il faut courir ou marcher 6 km, mais c’est avant tout un engagement solidaire.

Comment participer ?

C’est simple : inscrivez-vous en ligne sur le site www.coursedesheros.com, mobilisez votre réseau pour collecter 300 € (ou plus) pour le GIAA et venez courir ou marcher 6 km avec tous les autres Héros !

Les fonds collectés pour le GIAA serviront à sa mission de toujours : favoriser l’insertion sociale et professionnelle des personnes aveugles ou malvoyantes, au travers de ses bibliothèques braille, gros caractères et audio, son kiosque sonore ou encore son Club Emploi…

Inscrivez-vous dès aujourd’hui et devenez vous aussi un Héros !

Comment soutenir un héros ?

Si vous souhaitez uniquement soutenir nos héros en participant à leur collecte, il vous suffit d’aller sur le site soutenir l’un des membres de l’équipe du GIAA : « LA DAISY TEAM ».

Pour toute autre précision, contactez nous par mail : communication.fb@giaa.org ou par téléphone au : 01.47.34.66.30.

 

 

 

NOS DÉLÉGATIONS


GIAA Alsace

14 A rue de Mulhouse - 67100 Strasbourg

Tél. : 03.69.09.22.31

Mail : contact.alsace@giaa.org

 

GIAA Aquitaine

14 rue de la Réole - 33800 Bordeaux

Tél. : 05.56.31.48.48

Mail : contact.aquitaine@giaa.org

 

GIAA Auvergne

35 avenue Franklin Roosevelt

63000 Clermont-Ferrand

Tél. :04.63.79.70.55

Mail : contact.auvergne@giaa.org

 

GIAA Centre

288 Chemin Lucien Bonneau

18100 Mery-sur-Cher

Tél. : 02.48.71.27.18

contact.centre@giaa.org

 

GIAA Île de France

5 avenue Daniel Lesueur - 75007 Paris

Tél. : 01 47 34 30 00

Mail : giaa@giaa.org

 

GIAA Lorraine

BP 23703

54097 Nancy Cedex

Tél. : 03.83.27.70.33

Mail : contact.lorraine@giaa.org

 

GIAA Paca-Corse

Le Placer A - 72 avenue Benoît Malon

83100 Toulon

Tél. : 04.94.36.77.48

Mail : contact.paca-corse@giaa.org

 

GIAA Pays de Loire

109, rue Eblé

49000 Angers

Tél. : 02.41.86.13.25

Mail : contact.paysdeloire@giaa.org


SERVICES DU GIAA

Services audio

- La librairie sonore = propose plus de 4710 titres enregistrés sur CD DAISY

- Le kiosque sonore = service d’abonnement presse à 25 revues.

- L’enregistrement à la demande

Services Braille et gros caractères

- Transcription à la demande de tout document, ouvrage, document professionnel…

- Revues jeunesse et adulte

La lecture directe

Le GIAA met en contact la personne aveugle ou malvoyante avec un bénévole voyant. Le rôle du bénévole est d’assister pour la lecture : rechercher puis feuilleter des livres dans une bibliothèque, lire des documents manuscrits ou polycopiés, le courrier…

Le Club Emploi :

Le Club Emploi du GIAA propose un accompagnement individuel personnalisé, centré sur la spécificité de la personne déficiente visuelle en situation de recherche d’emploi.

La revue du GIAA : Le QSLD

Le « Qu’on Se Le Dise » est proposé en 5 versions : en noir, en gros caractères, en braille, en CD audio (format DAISY) et en version électronique via la liste de diffusion : giaa-qsld-subscribe@yahoogroupes.fr. Trimestriel.

Les boutiques du GIAA

Le GIAA dispose pour ses adhérents de boutiques qui proposent, selon les délégations, des méthodes d’apprentissage du Braille, de matériels pour lire et écrire du Braille ou des gros caractères, et divers produits adaptés qui facilitent la vie quotidienne des aveugles et malvoyants (loupes, montres, ...).

SECTIONS DU GIAA

 

Les Amitiés Pouget regroupent des prêtres, diacres, religieux et religieuses malvoyants ou non voyants. Elles publient la « lettre d'Ananie ». Contact : Marcel Chalaye Tel.04 76 71 48 60.

Le GPEAA (Groupement des Professeurs et Éducateurs d'Aveugles et Amblyopes), groupe de professeurs et éducateurs, acteurs sociaux et parents travaillent ou vivent pour/avec des personnes aveugles ou malvoyantes. Ils organisent les journées pédagogiques.

Views France concerne les jeunes malvoyants et non voyants qui souhaitent faire des échanges et organiser des voyages en Europe.

 

Abonnements : GIAA - IMPRESSION GIAA - ISSN : 1772-4

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